10 février 2018 ~ 0 Commentaire

Récit nostalgique des années 50

 

femmea aEntre un père inconnu et une mère absente, ce fils de personne grandit à l’ombre de fantômes, errant plus souvent entre les livres et les absents qu’avec ceux de son âge.

L’œuvre de Richard Millet se construit autour des thèmes du temps, de la mort, de la langue. Son style se veut l’héritier de la grande prose française « de Bossuet à Claude Simon ».

Une enfance dans les hautes terres. Agé de trente ans de plus que sa jeune maîtresse, le narrateur évoque pour elle le monde disparu qui l’a vu grandir, la France rurale des années 1950….

Des existences entières dans le même lieu où rien n’avait changé pendant cent ans, du papier peint à petites fleurs pâles et rongées d’humidité jusqu’à la patère, derrière la porte, à laquelle ont pendu, bien des années après que les Bugeaud furent passés de vie à trépas et ces pièces laissées à l’abandon, les manteaux et les pèlerines qui, lorsqu’on ouvrait la porte, donnaient l’impression, à cause du mouvement et du poids des vêtements remuant contre le bois, qu’on repoussait à l’intérieur de la chambre quelqu’un avec qui on s’attendait à se retrouver face à face avant de découvrir le peu de mobilier de la pièce : le lit à montants de cuivre, le fauteuil dit, je ne sais pourquoi, arménien, en bois jaune et toile forte rayée qui ne servait qu’à ceux qui venaient visiter les malades ou veiller les morts, le lavabo surmonté d’un minuscule miroir à coins coupés, dans lequel on eût été bien en peine de contempler son visage tout entier et que je n’ai connu que piqueté, comme le morceau de linoléum cloué au plancher par une baguette de fer-blanc, sous le lavabo où étaient rangés, à peine dissimulés derrière un mauvais paravent en rotin damassé, un bidet mobile et un seau hygiénique en émail bleu ciel; enfin, dans le coin opposé, une grande armoire de bois brillant et sombre, pareil à de l’acajou, semblait accroître la pénombre de cette pièce qui prenait le jour par une étroite fenêtre devant laquelle j’avais l’impression – laquelle m’était donnée par l’odeur de l’arbre bien plus que par la distance qui m’en séparait et qui était sensiblement plus grande que je croyais – qu’il me suffirait d’étendre le bras pour en cueillir, l’été, les fleurs d’or terne.

livreRécit nostalgiques peut-être pour certains !!

Ne vous étonnez pas de la longueur d’une phrase chez Richard Millet… c’est son style !

 

JE VENDS CE LIVRE ICI : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/24/ma-vie-parmi-les-ombres/

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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