07 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

La divination qui perdure

 

La divination est l’art de la prédiction du sort. On peut affirmer que face à elle, l’humanité, du péplum à la minijupe, n’a au fond jamais changé. C’est toujours la même insécurité, le même besoin et tout à la fois la même crainte de savoir, la même angoisse en ce qui concerne l’avenir. Et si la Pythie d’aujourd’hui reçoit sur rendez-vous (et à quel prix), si la Sibylle de Cumes  a troqué son antre obscure contre un grand appartement dans un quartier résidentiel, il ne s’agit là que de modifications de coutumes. Reste qu’il faut distinguer ceux qui possèdent le don de la prévision, ceux qui le simulent, ceux qui le demandent et ceux qui paient pour l’obtenir.

divination chez francesca

Apparemment, en cette époque qui a assisté à la désaffection du sacré, le respect d’autrefois s’est changé en curiosité. Aujourd’hui on se fait prédire l’avenir en affichant sa désinvolture ; Mais tout comme le grec de Delphes et le romain de Cumes, on a peur et on espère, on croit et on attend.

Tous les spécialistes ont attribué une grande importance au problème moral de la divination et se sont affrontés et contredits à ce sujet. Et pourtant, malgré les interdictions, les anathèmes, les peines de mort et les menaces d’un châtiment divin et éternel, tous les hommes, qu’ils soient croyants ou athées, cultivés ou analphabètes, ont continué tout au long des siècles à pratiquer la divination en utilisant tous les moyens qu’ils avaient à leur disposition. Une divination institutionnalisée, sacerdotale, qui a vu tour  à tour des manifestations du sacré dans le bruissement des feuilles, dans la douleur des vierges possédées, dans les entrailles des victimes destinées au sacrifice et dans le vol des oiseaux, dans la foudre et dans la voix du Sphinx, a fait place ou a été mêlée à une divination magique, populaire, si proche de la superstition qu’elle se confond avec elle.

C’est une divination officieuse, toujours vivante parce que cachée, pratiquée en privé, qui a pu par conséquent échapper à l’oeil perfide de l’inquisiteur. Cette divination est fondée sur les choses simples de la vie quotidienne : l’huile et le sel, le pain, le plomb, la farine et la cire, l’aiguille, l’oignon, l’araignée, le coq. Ce sont là des composants simples, presque élémentaires, que l’on trouve dans la cuisine de la femme du peuple, du paysan ou du bûcheron. Il existe des systèmes plus complexes, structurés, reposant sur l’archétype et le symbolisme élaboré des nombres et sur les étoiles dans le « refuge », de l’occultiste, du fervent de l’invisible ; ainsi ont prospéré la cartomancie, la lecture de la main, la géomancie, l’astrologie, qui sont toutes des techniques qui proviennent du passé, construites sur des analogies et des philosophies inconnues de la plupart des gens. Prédire l’avenir est un don, un rêve, une obsession commune à tous les lieux et à toutes les époques. C’est une possibilité offerte à l’homme mais qui porte le doute en elle : « Pourquoi scruter l’avenir » ?

De la divination naît l’herbe précieuse de l’espoir que peu d’entre nous cultivent désormais. Un espoir qu’accompagne une attitude mesurée, plus adaptée à chaque situation, et capable de rendre l’homme plus sûr de lui et plus heureux. Seuls ceux qui n’ont pas confiance en leurs propres ressources, en autrui et en la bienveillance de la loi cosmique, qui tend toujours à l’équilibre, souffrent d’une peur aveugle face au destin.

extrait du livre en vente : le GRAND LIVRE DE LA CARTOMANCIE

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