15 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

LES DROITS DE L’HOMME ET LA TRANSFORMATION DES CŒURS

 

L’ambiguïté fondamentale, gît dans la conception du droit. Qu’est-ce qui est droit (rectum) par opposition à ce qui est tordu (pravum) ? Quel est autrement dit, le critère de la droiture dans les rapports humains et tout spécialement dans les rapports de propriété ? La femme pauvre qui me disait : « Je ne demande qu’à prier et à méditer, amis comment puis-je le faire avec cinq enfants à nourrir et rien à mettre dans mes marmites » ? … L’urgence des besoins matériels crée une obsession, qui empêche l’essor de l’esprit. Elle vivait cette tragique expérience et elle réclamait un espace de sécurité pour pouvoir faire d’elle-même un espace de générosité. Elle avait parfaitement conscience des valeurs essentielles qui fondent la dignité humaine et elle n’aspirait qu’à leur vouer tout son être. Mais la faim de ses enfants tenaillait ses entrailles et entravait la liberté de sa pensée.

ILE

Si l’homme en effet ne peut normalement échapper ici-bas aux nécessités organiques qui l’enchaînent au monde physique, il peut établir entre elles et lui une distance qui en desserre l’étreinte. Il parvint à les oublier quand il est sûr de pouvoir les satisfaire. Il peut alors appliquer ses énergies à des tâches proprement humaines, dont la première est de faire de soi un bien universel, dont le droit, précisément, reconnaît en chacun et veut garantir à chacun la possibilité.

Si l’on proclame et défend les « droits de l’homme » aussi bien, c’est que l’on attribue à tout homme, en tant qu’homme, une valeur qui interpelle tous les autres et qu’ils sont tous intéressés à protéger comme un bien qui les concerne. Quel peut être ce bien qui résulte, en chacun, d’une création au plus intime de soi et qui atteint les autres au plus intime d’eux-mêmes ? l’itinéraire que nous avons parcouru jusqu’ici nous dicte la réponse : c’est la libération de soi parla désappropriation de soi, qui transforme notre moi possessif en un moi oblatif, totalement ouvert aux autres, en emportant tout notre être dans une relation d ‘amour avec la Présence plus intime à nous-mêmes que le plus intime de nous-mêmes.

Les « droits de l’homme » impliquent une telle transformation dans le secret du cœur de chacun. Ils n’tendent pas couvrir un narcissisme où chacun n’adhère qu’à soi, mais une générosité où chacun devient un bien pour les autres. Kant en exprimait admirablement l’intention, en disant : « Agis de manière à traiter toujours l’humanité soit dans ta personne, soit dans celle d’autrui, comme une fin et jamais comme un moyen ».

Il n’est assurément pas nécessaire de reconnaître explicitement Dieu comme l’Autre infiniment personnel, à qui se réfère notre moi oblatif, pour devenir ce bien commun par qui toute l’humanité est enrichie, mais il est indispensable de faire le vide en soi et de garder inviolé cet espace intérieur, dans l’attente de ce Quelqu’un qui le peut seul remplir et que les vers de Shelley et de Keats, suggèrent avec tant de respect. Il reste que c’est bien cette création secrète, par laquelle chacune st capable de se faire homme, que les « droits de l’homme » entendent protéger. Car c’et dans la mesure où chacun se fait homme que se constitue l’humanité.

Extrait page 220 du livre en vente ici :QUEL HOMME ET QUEL DIEU

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