29 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

Un vrai peseur d’âmes

 

Compenser un tort par une réparation autant que possible adéquate à la violation du droit est, assurément, une exigence d la justice. Mais, cependant, s’il s’agit d’une rupture d’amour unilatérale entre deux êtres, quelle réparation pourra attendre l’innocent s’il persiste à aimer ?

La parabole de l’enfant prodigue (Luc 15,11-32 ) correspond précisément à cette situation et nous suggère une autre voie, que Gandhi a pressentie dans une expérience humains où nous rencontrons, déjà, un sens très émouvant de la rédemption. Il raconte lui-même que toutes les fois qu’il était informé, au retour d’un voyage, d’une faute grave commise par quelques élèves de son ashram, il se mettait à jeûner avant d’appeler le coupable, qui était généralement si  touché par cette pénitence que le Mahatma s’infligeait pour lui qu’il venait spontanément à résipiscence.

peseur d'âmes

Notre propre expérience confirme d’ailleurs sur ce point, l’enseignement de l’apôtre de la non-violence. Nous savons en effet que la seule chance de désarmer une inimitié, qui se justifie en nous attribuant tous les torts, est de faire nous-mêmes le premier pas, en surmontant notre amour-propre, pour que notre adversaire puisse triompher du sien sans éprouver le sentiment de s’humilier devant nous. A plus forte raison est-il impossible de rétablir une relation conjugale gravement compromise, de faire renaître un amour qui engage toute la vie, sans se vider de soi, pour offrir à son partenaire un espace intérieur où il ne rencontre plus aucune limite. Un amour refusé n’a pas d’autre ressource, en effet, s’il veut maintenir sa fidélité, que d’aimer toujours plus généreusement – dût-il en mourir – l’aimé qui n’aime plus, pur qu’il puisse découvrir, dans un don absolument gratuit, de nouvelles raison d’aimer.

Cette générosité, dont l’amour humain se montre parfois capable, n ‘est-elle pas un reflet de celle de Dieu ? Pourrait-elle-même surgir, si elle n’était provoquée par l’intuition d’un bien infini engagé dans l’amour, d ont la rencontre serait compromise par la moindre apparence de contrainte. Il ne peut être reconnu, en effet, que dans la libération intérieur qu’il est seul apte à susciter et donc, comme liberté absolue. Mais il n’est d’autre bien infini que Dieu lui-même. C’est donc bien lui, finalement qui nous induit à nous effacer – pour désamorcer tout conflit – en faisant contrepoids, a la fidélité de notre amour, à tous les refus d’amour que nous pouvons subir. On ne conçoit pas que son action rédemptrice ne soit pas conforme à cette inspiration qui vient de lui. Le lavement des pieds (Jean -13) n’autorise pas le moindre doute à cet égard.

Nous voyons réellement se recréer, ici en quelque sorte, la situation nuptiale qui répond au dessein créateur. Ce que Jésus apprend à cette femme, en effet, c’est la possibilité d’un lien interpersonnel entre elle et Dieu. Le bien qu’il  presse d’accomplir c’est le don de sa personne, qui va naître, précisément, de sa rencontre avec Dieu, reconnu comme l’Amour qui veut nouer avec elle des rapports d’esprit à esprit, en l’attirant à soi par la liberté que suscite en elle le Don qu’il Est.

C’est dans une perspective analogue, je crois, que nous pouvons comprendre la mission de l’homme à l’égard de toute l’humanité et de tout l’univers. Elle comporte essentiellement la charge de libérer toute la création du règne du péché – qui est refus d’amour – en la ramenant au niveau nuptial où elle pourra, enfin s’accomplir. Ce qui équivaut à une nouvelle genèse, « plus admirable » que la première, qu’il ne pourra cependant réaliser qu’au prix de sa vie.

Extrait page 110 du livre en vente ici : QUEL HOMME ET QUEL DIEU

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

A Book Please |
Quidam |
Mon Sang d'Encre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lectureinfernale
| Un pour tous tous pour un
| Laloba54