11 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

LES DEGRES DU SAVOIR

le savoir

 

La philosophie qui cherche à découvrir les premiers principes de l’être, de la connaissance et de l’action, n’a malheureusement pas réussi à créer un langage universellement admis. Elle se rapproche de la science, quand elle se borne à être une réflexion de savant sur le sens et les méthodes de l‘investigation scientifique. Elle s’en éloigne, par le fait même qu’elle échappe aux procédés de vérification matérielle qui définissent l’objectivité de la science, quand elle aborde son objet propre, dont la conception d’ailleurs n’est pas identique chez tous les penseurs. Il en résulte un pluralisme philosophique, qui procède vraisemblablement des intuitions premières – éventuellement complémentaires – à travers lesquelles chaque philosophe perçoit d’abord la réalité.

Il n’est donc pas facile de cerner l’objectivité dans la multitude des Weltanschauungen en qui se présentent comme philosophies. Et cela d’autant moins que les problèmes posés et les solutions proposées ont une incidence plus profonde sur l’orientation de notre vie, comme la question de notre origine et de notre fin. Ici, l’expérience de chacun dans le choix qu’il fait de lui-même semble bien devoir concourir à l’adhésion qu’il donne à une philosophie plutôt qu’à une autre.

On peut enfin, je crois, admettre un suprême degré du savoir dans l’ordre naturel, en considérant la connaissance interpersonnelle. Elle est rarement l’objet d’une étude particulière et n’est généralement pas considéré comme un savoir qui puisse intéresser l’épistémologie. On ne peut assurément la ranger parmi ce que l’on appelle aujourd’hui les sciences humaines, qui ne peuvent prétendre à ce titre de sciences qu’en abordant les phénomènes humains comme des objets soumis à quelque déterminisme et donc en respectant les limites inhérentes à la méthode scientifique.

La connaissance interpersonnelle, au contraire, est trans-objective, c’est-à-dire qu’elle concerne en l’homme ce qui ne peut être objet, ce qui motive son refus d’être traité comme un objet et qui est évidemment l’essentiel. Mais cet essentiel, qui s’affirme si nettement dans ce refus, est, très difficile à cerner. Il est d’ordinaire si mêlé à la subjectivité passionnelle qu’il n’apparaît qu’à de rares intermittences et peut sembler parfois inexistant. Cependant, comme personne n’accepte d’être traité en objet, cela veut dire que chacun veut être reconnu dans cet essentiel – qu’il ignore le plus souvent – dans sa dignité – qu’il est fréquemment le premier à ne pas respecter.

La connaissance interpersonnelle se révèle ainsi comme une connaissance qui respire l’Amour et qui atteint son objet d’autant plus profondément que cet amour est plus généreux. Elle le découvre, en effet, non en l’observant mais en l’assumant, mais en le vivant, avec l’unique souci d’éveiller ou de conformer, en autrui comme en soi, cette intériorité qui le constitue. Elle n’est évidemment pas sûre de réussir quand il s‘agit d’autrui puisqu’elle ne peut rencontre l’autre qu’à travers l’accueil qu’il fait à son offrande, c’est à dire à travers l’offrande qu’il devient lui-même en se libérant de soi. La réciprocité peut être nulle, puis naître et grandir et atteindre finalement au même niveau d’amour. Elle est parfaite quand l’intimité de l’un transparaît dans l’intimité de l’autre, en l’échange d’une Présence infinie qui exclut toute possession.

Pour découvrir le vrai visage de l’homme, on le voit, il faut y mettre le prix.

 

Extrait page 62 du livre en vente ici :QUEL HOMME ET QUEL DIEU

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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