21 août 2016 ~ 0 Commentaire

LA CHAINE D’OR

 

Je suis né avec une chaîne d’or autour de mon âme. Aussi loin que remontent les mémoires, chacune des générations de ma famille a produit un rabbin. Un guide spirituel. Un homme de Dieu.

Puis j’ai brisé la chaîne (et probablement le cœur de mon père). Bien que je sois devenu professeur de latin et de grec, à Yale, parfois, cette « rupture avec la foi » m’a hanté.

Actes de foi n’est pas une autobiographie, mais il y a des points communs entre mon héros et moi-même. Je me souviens d’avoir été battu plus d’une fois, durant mon enfance, à Brooklyn, par des semblables sur le chemin de mon école hébraïque. Je n’ai jamais pu comprendre pourquoi, en me voyant coiffé de ma calotte, ils entraient dans de telles rages.

CHAINE D OR

Il y a d’autres points communs entre Danny et moi, dont je n’avais pas conscience jusqu’à ce que des amis me le fassent remarquer. Comme lui, j’ai été élevé dans un foyer traditionnel, « encouragé par mon père (le mot est faible) à faire de très longues études. (J’ai même passé un an et demi au Séminaire théologique juif). Et puis, tout à coup, je me suis retrouvé dans un monde nouveau, flamboyant, cerné par les tentations terrestres. Je n’ai peut-être pas été le Fils prodigue, mais je m’en suis sérieusement approché. Et finalement, comme Danny, je suis rentré au bercail.

Actes de foi n’est pas un manuel religieux. Pourtant, en racontant l’histoire d’amour d’un homme et d’une femme issus de mondes différents, je n’ai pu m’empêcher de noter certaines similarités frappantes.

Mais en les faisant ressortir autant qu’en révélant des aspects moins connus de leurs religions respectives, je n’ai pas manqué non plus, de prendre certaines susceptibilité à rebrousse-poil. Par exemple : quelques lecteurs juifs m’ont reproché d’avoir dépeint les femmes orthodoxes comme des citoyens de deuxième classe. Ma seule réponse sera celle-ci : c’est, hélas, la vérité.

Chaque matin, les orthodoxes de sexe mâle récitent la prière spéciale : « Béni sois-tu, O Seigneur notre Dieu, Roi de l’Univers, qui ne m’a pas fait naître femme ». Et quand il manque un homme à la dizaine nécessaire pour certains rites, aucune femme, si pieuse et si connue soit-elle, ne saurait s’y substituer … alors qu’un garçon de six ans peut remplir ce rôle.

Les juifs traditionnels ne permettent pas qu’une femme soit appelée à lire la Torah, durant les offices. Il n’en a pas toujours été ainsi au cours de l’histoire. Jusqu’à ce que les Sages édictent cette interdiction, sous prétexte que les femmes risqueraient de « gêner la congrégation », l’une des gênes possibles étant leur éventuelle incapacité à lire suffisamment bien.

Le Talmud déclare que la simple vision d’une femme, ses cheveux ou même le son de sa voix susciteraient chez l’homme en prière des pulsions sexuelles inopportunes. […]

Après la mort de mon père, un homme pieux et bon qui avait consacré sa vie au service de Dieu, foudroyé par une attaque cardiaque à cinquante ans, j’ai erré (comme Danny Luria) dans une sorte de crépuscule moral, cherchant en quoi, en qui croire…

Extrait du livre sur ce blog ACTES DE FOI de Segal

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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