19 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

LE SERPENT NU

 

Le drame de la faut commence par un dialogue entre le serpent et l’homme. L’écho universel de ce texte vient de sa permanente actualité. Et, de nos jours encore, il n’est pas de paradis qui n’abrite un serpent. Celui-ci était considéré comme l’incarnation du mal et de la ruse. Dans la mythologie babylonienne, il est représenté, haut sur pattes, comme un démon ou un monstre fabuleux. Tout le drame de la chute est rendu en termes fort humains et non dépourvus de cinglant humour. Hava se cache derrière le serpent tandis qu’Adam pense échapper à sa responsabilité en s’abritant derrière sa femme et en tentant d’engager la faute d’Elohims lui-même, qui lui a mis sur les bras une aide vraiment « contre lui ».

Serpent de la bible

Au centre du récit comme de l’Eden, se situe l’arbre de la pénétration qui donne à ceux qui le mangent « le pouvoir de pénétrer le bien et le mal ». Connaître iada, signifie aussi « Pénétrer », « expérimenter », le mot évoque l’idée de la connaissance et son résultat. Chacune des phrases, chacun des mots, ont inspiré des déluges de commentaires : le texte parle à jamais au plus profond de l’homme, en ce carrefour où s’ouvrent devant lui les deux abîmes du bien et du mal, avec en lui un gouffre ; son pouvoir de pénétrer et de choisir librement.

Les rabbis voient dans l’épisode où Adam et Hava sont chassés de l’Eden un drame cosmique lié au procès du salut. La chute spirituelle de l’homme peut s’aggraver de génération en génération, jusqu’à aboutir au cataclysme du déluge. Mais parallèlement, dans l’entrain des enfantements de l’homme apparaît la lumière de la Tora : paroles salvatrice et code de vie… Elle se renforce de Noah (Noé) aux Patriarches, de Moshé aux Prophètes avant de triompher totalement des « brisures » initiales  à la fin des temps, à l’heure de la réparation et de la rédemption du Messie.

Les théologiens chrétiens voient aussi dans ce récit une « chute » et une dégradation des perfections originelles. Ils mettent l’accent sur le caractère profond, essentiel et, dans un certain sens, irrémédiable de la déchéance humaine. Pris dans les rêts du péché, l’homme ne peut retrouver son innocence originelle dans le salut apport épar  Jésus Christ, Fils de Dieu, qui s’est offert en sacrifice d’expiation des péchés du monde et qui, par sa résurrection, a triomphé de la mort.

De là vient le caractère christologique de toute Lecture chrétienne de la Bible. Dans le Coran, l’accent est mis sur la révolte d’Adam, contre le commandement d’Allah. L’Islam religion de la soumission à la volonté par l’intercession du Prophète Mohamed et l’ordre du Coran, recommande la prière et le repentir pour réparer les conséquences de la désobéissance d’Adam…

Quant à l’arbre de vie, il symbolise, dans la vie comme dans les traditions orientales, l’aspiration de l’homme à la vie éternelle. Ayant goûté à la connaissance, il tombe au pouvoir de la mort : une ultime rédemption, diront plus tard les dicteurs de la Synagogue et ceux de l’Eglise, l’en libérera et lui fera franchir le seuil de la vie éternelle. Augustin souligne que trois opinions principales ressortent de tout ce qui a été dit au sujet des Paradis ; les premières l’entendent dans un sens littéral ; les secondes dans un sens spirituels ; les dernières dans l’ambivalence du spirituel et de la littéralité… Augustin n’avait pas prévu la lecture critique qui y voit un mythe. Mythe, symbole ou réalité, le récit demeure plein de significations et touche au plus profond de nos nostalgies et de nos espérances.

Extrait p. 60 du livre en vente ici sur ce blog LA BIBLE ENTETE de Chouraqui

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