09 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

La multiplication des frères

 

GLNF : Grande Loge Nationale Française. Ce simple sigle inspire la plupart du temps un long soupir navré de frères, opposants internes et membres d’obédiences concurrentes confondus ; Objet de tous les soupçons ouvertement accusée de dérive affairiste, elle constitue un cas à part. Car la GLNF suscite malgré toute l’envie, en raison de son affiliation à la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) et de son fabuleux réseau international : 7 millions de maçons à travers le monde.

 frères

Après le schisme de 1887, sous l’égide du Grand Orient, la maçonnerie dite « régulière » avait disparu en France. Elle va renaître grâce à la ténacité d’un membre de la Grande Loge suisse Alpina, Edouard de Ribaucourt. Après avoir essayé, en vain, de pratiquer une maçonnerie traditionnelle au sien du GO, il crée en 1913 la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies, avec ses amis de La loge Anglaise de Bordeaux et du Centre des Amis. Appuyé par sa loge suisse d’origine, il obtient la reconnaissance de la GLUA et redonne vie à la maçonnerie traditionnelle où la référence à Dieu, est de la GLNF, des maçons chrétiens en auraient presque les larmes aux yeux et parlent du « miracle de 1913″.

Les débuts sont difficiles. Mais un nouveau miracle va lui permettre de décoller au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale : l’installation du siège de l’OTAN à Paris. Des milliers de militaires américains, canadiens et britanniques, installés dans toute la France, souhaitant pratiquer la maçonnerie de leur pays, s’affilient en masse dans des loges ouvertes sous la houlette de la GLNF. Miracle de courte durée : en 1964, le niet du général de Gaulle et le départ consécutif de l’OTAN provoquent une véritable hémorragie ; Des milliers de frères quittent la France. La GLNF, qu’on appelait à l’époque loge Bineau (son siège était boulevard Bineau à Neuilly), frise la déshérence. Elle ne compte plus que quelques centaines de frères, dont bon nombre d’étrangers vivant à Paris. Un dirigeant de l’époque raconte : « Les armoires étaient vides. Il ne restait plus qu’une carcasse ». Le Grand Maître d’alors téléphone au duc de Kent, Grand Maitre de la Grande Loge Unie d’Angleterre (600 000 membres), avant de prendre la moindre décision. De 1971 à 1980, Louis-Auguste Derosière contribuera malgré tout à redonner un second souffle à la GLNF, en affichant un peu d’indépendance vis à vis de la GLUA.

Puis arrive Jean Mons qui, de 1980 à 1989, va engager une véritable politique de développement. « De recrutement », protestent ses adversaires. « Les dérives se sont installée à la GLNF au début des années 80, avec l’arrivée de Jean Mons », témoigne un dignitaire. D’emblée, cet ancien instituteur corrézien d’origine modeste est contesté par une partie de l’establishment de la GLNF. Diplômé de l’école professionnelle d’Ussel, devenu contrôleur des contributions directes en 1926, Mons s’est bâti une carrière à la force du poignet, mais aussi grâce à quelques appuis maçons. Directeur de cabinet de Léon Blum, chef du Gouvernement provisoire, puis de Paul Ramadier, président du Conseil, il est nommé, en Février 1947, résident général de France à Tunis, où il laisse la marque d’un homme plutôt libéral…

Extrait p.90 du livre en VENTE ICI :  LES FRERES INVISIBLES

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