29 juin 2016 ~ 0 Commentaire

LA JALOUSIE, FLEAU UNIVERSEL

 

La plupart des espèces animales, comme 70 % de l’humanité, ne s’embarrassent pas de la notion d’engagement durable, ce qui évacue en apparence le sentiment de jalousie ; les partenaires ne s’unissent que le temps de l’élevage des petits, qui se borne à la phase de nourrissage chez les animaux, soit quelques mois. Celle-ci est complétée chez les humains par une phase d’éducation, souvent relayée dans les sociétés polygames par le groupe, chargé d’inculquer lois, règles et attitudes à adopter face à la vie. Dans nos pays occidentaux, on entend élever les enfants de préférence en couple, de préférence entre géniteurs et on situe la fin de l’éducation aux alentours de la majorité, soit dix-huit ans en France, quand ce n’est pas beaucoup plus tard, à la fin des études.

Jalousie

Mais il ne semble pas certain que nous soyons biologiquement programmés pour une vingtaine d’années de fidélité, contrairement à nos représentations de l’amour idéal et aux représentations sociales qui nous y poussent. Le prix à payer pour notre « exception occidentale » est parfois lourds ; l’infidélité est l’une des causes les plus fréquentes de ruptures, au minimum de tensions ravageuses sous nos tropique où polygamie comme polyandrie ne sont pas entrées dans les mœurs.

La jalousie n’a pourtant rien de pathologique : vouloir garder pour soi celui ou celle qui vous fait – et à qui on fait – du bien est une tendance naturelle. La différence pulsionnelle des humains selon les sexes se lit d’ailleurs, jusque dans la modulation de leur jalousie : l’homme développe une « jalousie chasseresse » redoutant avant tout qu’un autre je fasse jouir, à divers titres sa femme, tandis que la femme développe une « jalousie réceptive » et redoute avant tout que son amant n’en fasse jouir une autre, à divers titres aussi.

Bien entendu, la hiérarchie des deux craintes reste toute relative, les jouissances étant généralement réciproques. Du temps de l’amour fou et des plaisirs de tout ordre, la volonté de garder pour soi celui ou celle que l’on perçoit come seule origine et destination possible de notre bonheur et de notre plaisir reste instinctive. Quand l’instinct semble être étouffé sous le poids de l’évidence, il est temps de s’inquiéter.

Contrairement à ce qu’un examen sommaire des mœurs pourrait faire croire, la jalousie est partagée par les animaux comme par tous les peuples, y compris polygames. Simplement, celle que nous vivons douloureusement et dignement – si l’on peut dire, puisque c’est entre cris, larmes et parfois coups bas – est, dans d’autres peuples  ou chez les animaux vécu sur le mode expéditif : le mâle terrasse l’ennemi pour garder sa femelle et sa proie, dont l’avis n’est pas sollicité. Cette attitude animale et belliqueuse des mâles a beau nous sembler grossière, il ne faut pas oublier qu’il y a moins d’un siècle, prendre les armes pour garder sa belle et provoquer le rival en duel au coin du bois était encore considéré comme un geste d’honneur.

La jalousie, « affreux » instinct de possession qui s’apparente chez nos contemporains occidentaux à un fléau difficile à endurer, réserve pourtant de bonnes surprises : elle se révèle, sur le plan biologique, un excellent moteur du désir.

Extrait p.191 du livre en VENTE ICI :  L’AMOUR EST UNE DROGUE DOUCE… en général

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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