18 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Guerres fratricides

 

 

L’affaire est d’une simplicité biblique – pardon, maçonnique. Le frère Christian D, accuse un autre frère, Jean E de diverses malversations financières. Il découvre au passage que ce frère indélicat avait autrefois été condamné pour viol. Christian D s’en émeut auprès du Vénérable Maître de sa loge, mais alerte également le parquet, c’est à dire la justice profane. L’autre s’insurge et attaque Christian D, en diffamation, devant la justice maçonnique cette fois. Comment va trancher le Vénérable ?

frères de l'invisible

Contre le maçon indigne de l’être ou contre le maçon qui a brisé la loi du silence ? La réponse est cousue de fil blanc ; le bavard sera suspendu. Il est une règle qu’il vaut mieux ne pas transgresser ; en cas de litige entre maçons, il est très mal vu de faire appel aux tribunaux de la République sans avoir auparavant informé la hiérarchie maçonne et essayé de régler le différend en interne. « C’est contraire aux lois et usages, affirme très sérieusement un frère. Cela fait partie du serment que nous avons prêté ».

L’affaire se déroule en 1994 dans l’ile de la Réunion, au sien d’un atelier de la GLF. La Réunion Fraternelle, qui, pour l’occasion, mérite très peu son nom. Le monde y est très petit, et pas seulement à cause du contexte insulaire. A sein de la franc-maçonnerie locale, on trouve des avocats, des policiers, des magistrats. Entre justice profane et justice maçonne, leur cœur balance un peu. Ancien légionnaire, Jean E. est responsable d’une filiale de la Lyonnaise des Eaux, qui fera l’objet de poursuites judiciaires. Christian D. son adjoint, témoin de bien vilaines choses, cherche à révéler l’affaire. En l’espace de trois mois, elle va lui exploser à la figure.

Le 18 avril 1994, Christian D. dîne chez un frère commissaire principal de police. Il y corise un membre des RG, également maçon, qui coïncidence, enquête lui aussi sur Jean E. Mais uniquement à titre professionnel, ignorant jusque-là, qu’il s’agissait d’un frère. Christian D. lui raconte ce qu’il sait des curieuses sociétés de Jean D. explique qu’il préfère se confier discrètement à un frère policier plutôt que d’alerter directement le parquet, car il redoute des représailles. En retour, l’homme des RG luis narre les vieilles condamnations de l’ancien légionnaire.

Le 12 mai, la pièce rebondit : Christian D. présente ce frère policier au Vénérable Arthur G. Le flic lui confirme que Jean E. a commis « des faits délictueux contraires à l’honneur ». Le Vénérable décide d’ouvrir une procédure interne après que l’intéressé lui eut indiqué qu’il s’agissait de vieilles « bêtises », et que son casier judiciaire était vierge.

Le 27 mai, Christian D. revoit le frère des RG. Il sent venir le coup de l’arroseur arrosé, redoute d’être à son tour poursuivi en interne pour diffamation. Alors il « délivre » le policier du devoir de fraternité maçonnique en l’autorisant à remettre au procureur (un profane) ses documents compromettants. Pour ce qui est de la justice maçonnique, le frère des RG passe un coup de fil au siège parisien de la GLF, afin que la direction de l’obédience soit au courant de ce qui se trame. Elle l’est déjà : on lui répond que le casier judiciaire de Jean E. est vide. …

Extrait p.222 du livre en VENTE ICI :  LES FRERES INVISIBLES

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