25 mars 2016 ~ 0 Commentaire

Nous avons appris à faire, mais pas à ETRE

early morning

Nous avons appris à FAIRE, pas à ETRE. Je constate que l’utilisation, par des générations de personnes en relation d’éducation (parents, enseignants, éducateurs, religieux etc) du sentiment suivi de « tu » sans l’indication du besoin (Je suis content quand tu fais ce que je dis, je suis triste quand tu ne le fais pas) a généré et génère encore une terrible insécurité affective. La majorité des personnes avec qui je travaille – et moi-même pour commencer – ont en fait entendu, derrière cela « je suis content quand tu… je suis triste quand tu…, je t’aime si tu… » je ne t’aime plus si tu… »

Je ne dis pas que c’est cela que la personne qui parle voulait exprimer, je dis que c’est cela qui a été entendu, intégré par celle qui écoute et que c’est la réalité de cet encodage-là qui m’intéresse, puisqu’il conditionne toute notre façon d’être en relation, toute notre façon d’être au monde.

Nous sommes « drillés » à répondre et à correspondre aux attentes de l’autre, nous nous adaptons et sur-adaptons à elles. Nous savons tout faire pour lui faire plaisir, mais nous ne savons pas être, simplement être nous-mêmes. Nous avons appris à tout faire pour correspondre à l’image de bon garçon, de bonne fille à l’écoute de bon père et de bonne mère, et plus tard nous tenterons de tout faire pour correspondre à l’image de bon époux, de bonne épouse, de bon cadre, de bon employé. Et dans cet tentative, nous allons souvent nous agiter dans beaucoup d’activités, de projets, faire du zèle dans le travail, la famille, l’action sociale, sans prendre soin de notre bien-être intérieur, puisque nous n’avons jamais appris à en prendre conscience. Souvent, nous ne pourrons nous aimer que si nous faisons beaucoup de choses et qu’en fonction du nombre de choses que nous faisons.

Nous ne vivons pas dans la conscience d’être au monde, de goûter l’identité et la présence de toute chose et le lien que nous avons avec elle, nous vivons dans la comptabilité sans cesse déficitaire de la bonne et de la mauvaise conscience. Nous ne sommes pas sur le pont de notre vie à faire l e point sous les étoiles dans le grand air du large, à prendre notre cap, à ajuster les voiles ou à tenir la barre en savourant le plaisir de la navigations, nous sommes à fond de cale à réviser nos comptes, éprouvant une nausée légère mais constante.

Nous nous sentons ainsi toujours plus ou moins responsable et surtout plus ou moins comptables du sentiment de l’autre. S’il est triste ou malheureux, c’est notre faute, nous aurions dû « faire quelque chose ». Nous nous culpabilisions donc volontiers. En retour, nous tenons volontiers l’autre pour responsable ou coupable de notre sentiment : « Je suis triste ou malheureux parce que tu… » Dans les deux cas, nos ne savons pas « ETRE ».

Etre à l’écoute, c’est avoir confiance dans la capacité d’être de l’autre qui lui permet de trouver par lui-même ses solutions. Accompagner un malade, un mourant, une personne en deuil, c’est accepter qu’l n’y a rien « à faire », juste à Etre là dans la présence veillante et bienveillante. Laisser la personne descendre dans le puits de sa peine, explorer toutes les tensions de sa souffrance en lui procurant par notre attitude d’écoute et d’accompagnement l’occasion de constater qu’elle n’est pas seule, qu’elle est accompagnée. Souvent, la tension par rapport à la programmation « l’autre va mal, je dois faire quelque chose » est telle, que nous sommes incapables d’être simplement présents à la douleur de l’autre.

Nous risquons souvent d’être pris par un certain orgueil de la performance ; Nous allons nous efforcer de faire « la bonne chose ». Nous allons être celui qui dit « la bonne parole ». Et nous risquons bien ainsi de manquer l’essentiel de la rencontre ; la « reliance » de soi à soi et de l’autre à lui-même.

Extrait du livre ICI : CESSEZ D’ETRE GENTIL SOYEZ VRAI

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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