12 mars 2016 ~ 0 Commentaire

USAGE ET ABUS DE CARTOMANCIE

cartomancie

C’est par la lecture des cartes et une indéfinissable curiosité envers l’inconnu que le cartomancien satisfait aux besoins ataviques responsable de l’angoisse propre à l’homme contemporain, qui a répudié l’arcane et dont le divorce avec la religion s’est affirmé. Dans la consultation, le postulant peut, au-delà de la réponse qui lui est donnée, être conseillé, avoir une confirmation, une direction à suivre dans la confusion de sa vie et surtout un espoir … et l’espoir guérit, console, régénère, tout comme la peur tue.

Un cartomancien sensible et spirituellement évolué ne manquera jamais d’accompagner le verdict, aussi amer soit-il, de quelque espoir, confiance en l’avenir. Il rappellera au consultant comment, selon la sagesse chinoise, le jour succède toujours à la nuit, le bonheur à la douleur, en un courant continu et alterné, souffle de tout l’univers.

La cartomancie n’est donc pas avare de dons pour celui qui sait la mettre à profit sans présomption ou sans dépendance exagérée. Mais elle ne doit jamais devenir la béquille de l’existence sans laquelle on est alors incapable de décider et de choisir. Tous les spécialistes du mystère ont attribué une grande importance au problème moral que la prévision comporte. Si l’avenir peut être prédit, cela signifie qu’il est déjà doté d’une existence et donc que notre vie est entièrement prédéterminée. Tel est le terrain glissant sur lequel e déterministe, partisan d’un destin absolu et immuable, et le champion du libre arbitre s’affrontent.  Si pour le fataliste rien, ni même la prévision supportée par une réponse conforme de caractère magique, ne peut intervenir pour modifier le cours des événements, pour le partisan de la libre intervention, l’utilisation du sens subtil constitue un bon instrument d’influence sur la réalité.

Pour nous, Occidentaux, pour lesquels « Etre » et « Avoir » sont des verbes importants, pour lesquels existent la hâte et la nécessité, il  est important de savoir prévoir, choisir, modifier son comportement de la façon la plus harmonieuse possible. Nous avons besoin d ‘harmonie, fragiles comme nous sommes et toujours prêts à voir un père ou notre maître d’école, en Dieu ou dans le premier santon de quatre sous que nous rencontrons.

Dans un monde riche de stimulations et d’objets, où les certitudes n’existent pas, où l’on vit sans conscience de son propre Moi, la science de la prévision peut rassurer, réconforter, aider dans les moments de crise. Nous devons toujours vivre sur la défensive. Et l’ère du confort et du bien-être est bizarrement dominée par l’angoisse. L’homme moderne ne sait pas accepter sans heurt les cycles de la vie, l’éternel va et vient des choses. Il s’oppose aveuglément, lutte pour des causes vaines, souffre.

La prévision de l’avenir ne peut toutefois être abolie sans l’étiquette de mécanisme psychique. La pensée renferme indéniablement en elle un pouvoir merveilleux qu’en se répétant elle décuple. Elle crée et détruit, attire et repousse, peut engendrer la maladie, tuer, mais peut aussi apporter santé, chance et amour. Tout cela ne prouve pas de toute manière le manque de fondement de la prévision tout comme l’assimilation simpliste d’un phénomène pré-cognitif, fondé sur les cartes, à une séance de télépathie masquée entre voyant et  consultant.

Il faut trouver chez le cartomancien un solide équilibre soutenu par la confiance en Dieu, dans l’univers, dans le karma et une forte capacité pour accepter avec sérénité les séparations, la mort, la douleur, chose si rare dans la mentalité occidentale. L’annonce d’un malheur peut faire plus de mal que le malheur lui-même, le suicide d’un grand nombre de personnes qui, craignant un mal incurable, mettent fin à leur jours avant même d’en être sûres, en est la preuve. Des prophéties désavouées ensuite par le temps ont déclenché chez les foules de profondes crises existentielles, des déséquilibres sociaux, des fuites du monde. La tâche du cartomancien va donc jusqu’à capter ce que le consultant peut supporter, en modulant, sans toutefois en modifier l’essence, une vérité trop cruelle.

EXTRAIT du livre :  GRAND LIVRE DE LA CARTOMANCIE

La bibliothèque de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

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