29 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

La Révolution et le droit des mots

Pendant près de cent cinquante ans, après la triade française de la fin du XVIIe s., les dictionnaires ont continué, en France, à recueillir le « beau langage ». Les jésuites étaient partis du dictionnaire de Furetière pour la rédaction du Dictionnaire de Trévoux (1704), lequel fit autorité tout au long du XVIIIe s. De 1718 à 1835, l’Académie a publié cinq versions nouvelles de son Dictionnaire. Mais la Révolution est passée par là et, comme le fait remarquer Sainte-Beuve à l’Académie vers le milieu du xixe s. : « Aujourd’hui, tous les mots plébéiens, pratiques, techniques, aventuriers même, crient à tue-tête et font violence pour entrer… Je les vois se dresser en foule, frapper à la porte du Dictionnaire de l’usage et vouloir en forcer l’entrée. »

 siècle_de_la_loi_des mots

L’Académie reste cependant résolument puriste et le changement va venir, en France, d’Émile Littré et de Pierre Larousse. Le premier, dans le Dictionnaire de la langue française (1863-1873), enregistre l’usage contemporain, n’hésitant pas à accueillir des termes techniques, des néologismes et des mots de la langue parlée, y compris des mots régionaux ; son dictionnaire demeure, aujourd’hui encore, grâce à la finesse des analyses sémantiques et au choix des citations (qui font une large place à l’ancien français), un monument dont les lettrés aiment à savourer la « lecture ». Quant au Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, publié entre 1866 et 1876, il a réduit considérablement la distance entre le dictionnaire et l’encyclopédie (les mots n’étant parfois que l’occasion de longs développements sur les choses) et se distingue par ses prises de position politiques et sociales clairement affichées.

 Au XIXe s., de nombreux dictionnaires marquants sont publiés dans le monde : l’American Dictionary of the English Language (1828), de Noah Webster, les dictionnaires de la langue allemande des frères Grimm (1854) et de Konrad Duden (1880), ainsi que le Oxford English Dictionary (1884-1928).

Au XXe s., de nouvelles tendances se dessinent. Du côté des dictionnaires, il faut noter, en France, les descendants multiples du « Larousse », la parution du « Robert » (1953-1964) et, plus près de nous, celle du Trésor de la langue française (vaste inventaire de la langue des XIXe et XXe s.). Par ailleurs, le « petit » dictionnaire de langue en un volume se généralise et fait désormais partie de la vie quotidienne.

Enfin, le développement de l’informatique a ouvert la voie aux dictionnaires électroniques, tel Zyzomys, puis aux dictionnaires et aux encyclopédies multimédias, tels Axis et le Dictionnaire Hachette MultimédiaEncartade Microsoft, le Larousse Multimédia Encyclopédique, etc.

 Sur le blog de Francesca http://bibliothequecder.unblog.fr/

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