27 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

La difficulté d’écrire

 

crayonsL’écriture ne sert pas seulement à s’exprimer ou à mémoriser. Elle suppose de mettre à distance la langue que l’on parle et d’oser se confronter au jugement d’autrui.

« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire… », répète inlassablement le perroquet du bistrotier ami de Zazie, comme un encouragement à faire mieux. Faire mieux que parler, c’est par exemple écrire, mais un romancier comme Raymond Queneau en sait quelque chose : c’est nettement plus fatigant. Si lui-même n’a jamais fait état de soucis particulier de ce côté, beaucoup de ses confrères, dont Victor Hugo, Stendhal et Gustave Flaubert, ont avoué souffrir de la fameuse angoisse de la page blanche. D’autres se sont ligués pour dénoncer le mythe du poète inspiré, en répétant qu’écrire, c’est toujours du travail. Quant au petit Nicolas de René Goscinny, il trouvait tout simplement que « téléphoner, c’est rigolo », alors qu’écrire, « c’est embêtant ». Pourquoi est-il laborieux d’écrire ?

D’abord, évidemment, il y a un apprentissage à faire pour maîtriser les lettres et les mots, ou tout autre moyen graphique véhiculant du sens. Au bas mot, trois ans de travail scolaire acharné, avant de pouvoir envoyer sa première lettre au père Noël. À ce stade, les problèmes ne font pourtant que commencer : viennent la maîtrise de l’orthographe et l’art de composer un texte compréhensible, choses qui ne sont pas garanties à tout le monde. Même pour un adulte bien entraîné, voire pour un professionnel, se mettre à écrire est presque toujours envisagé avec une certaine appréhension, alors que soutenir une conversation avec des amis est plutôt une détente.

SOURCE http://www.scienceshumaines.com/

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