28 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

LA VIE DE ZOYA

 

ZOYALes prières d’Evgenia pour que Clayton Andrews ne revienne pas n’étaient pas destinées à être exaucées. Il avait essayé pendant une semaine de s’abstenir de lui rendre visite, mais il se surprenait perpétuellement à songé à elle, obsédé par ses yeux … ses cheveux … la façon dont elle riait … dont il l’avait vue jouer avec Sava… même les photographies du tsar et les siens qu’elle lui avait montrées le hantaient.

Elle les lui avait rendus réels et, à présent, au lieu d’être un personnage tragique de l’Histoire, le tsar était devenu un être humain avec une femme, des enfants et trois chiens, et Clayton se retrouvait en train de déplorer l’énormité de ce qu’avait perdu cet homme emprisonné dans sa demeure de Tsarskoïe Selo.

Et de même qu’il avait pensé à elle toute la semaine, de même Zoya aussi s’était constamment surprise à penser à Clayton.

Il réapparut au domicile de Zoya, cette fois, et non au théâtre et, avec l’autorisation de sa grand-mère, il l’emmena voir La Veuve joyeuse, l’opérette de Franz Lehar. A son retour elle raconté tout avec animation à sa grand-mère, s’arrêtant à peine pour reprendre haleine, tandis que Clayton riait en versant le champagne. Il leur en avait apporté une bouteille qu’il servit dans des coupes de cristal. Il éprouvait continuellement l’envie de leur rendre la vie plus facile et il leur apportait les petits raffinements qu’il savait qu’elles regrettaient et n’avaient plus, des couvertures chaudes qui lui avaient été « données » à l’en croire, un service de verres, une nappe de dentelle et même une jolie couche pour Sava.

Evgenia avait compris déjà que Clayton était très épris, tout comme Zoya. Ils faisaient de longues promenades au Bois, déjeunaient dans des petits cafés, où Clayton lui donnait le nom des uniformes qui passaient, les zouaves, les Anglais et les Américains en kaki, les « poilus » dans leurs capotes bleu horizon, et les chasseurs d’Afrique. Ils parlaient de tout depuis le ballet jusqu’aux bébés. Zoya affirmait toujours qu’un jour elle en voudrait six, une idée qui le fit rire.

-          Pourquoi six ?

-          Je ne sais pas – Elle haussa les épaules avec un soupir joyeux – Je préfère les nombres pairs.

Elle partagea avec lui la dernière lettre reçue de Maris, où il était question de Tatiana, retombée malade, quoique pas gravement cette fois-ci, et de Nagorny qui se montrait si fidèle et si bon pour Alexis. Il ne le quittait jamais maintenant. « … Et papa est tellement gentil envers nous tous. Grâce à lui on se sent fort, heureux et gai… » C’était difficile à imaginer et le cœur de Clayton se déchirait quand il l’écoutait ; Mais ils parlaient de bien plus que la famille du tsar quand ils se retrouvaient, ils parlaient de tout ce qui les passionnait, les intéressait, les faisait rêver.

Ce fut un été magique et charmant pour Zoya. Chaque fois qu’elle ne dansait pas. Clayton était là à point nommé pour la distraire, la sortir et leur apporter à l’une et l’autre de menus cadeaux et des petits trésors qui étaient autant d’attentions délicates. Puis en septembre tous ces plaisirs innocents cessèrent bien trop vite. Le général Pershing  annonça à ses aides de camp qu’il transférait le quartier général à Chaumont, sur la Marne, et Clayton allait quitter Paris dans quelques jours.  A la même époque, Diaghilev préparait une tournée pour les Ballets Russes en Espagne et au Portugal, si bien que Zoya se trouva confrontée à une décision pénible. Elle ne pouvait pas laisser seule sa grand-mère et elle fut oblige d’abandonner la troupe, ce qui faillit la tuer….

 de Danielle Steel – page 162….

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