24 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

UN MONDE DE REVE

 

un monde de rêve

Des cris de police entouraient la limousine qu’Enzo guidait à travers la circulation dense du cœur de Rome. Elle avait choisi une église proche de San Gregorio, près de la piazza di Spagna, Santo Stefano. C’était là qu’ils allaient se réfugier au début de leur liaison lorsqu’ils voulaient se reposer un peu après le déjeuner. Il semblait à Isabella que sa joliesse et sa simplicité convenaient mieux à Amedao que les magnifiques cathédrales.

Bernardo était assis à côté d’elle. Elle avait les yeux fixés sur la nuque d’Enzo. Etait-ce lui ? Quelqu’un d’autre ? Qui l’avait trahie ? Cela n’avait  plus d’importance maintenant. Amadeo n’était plus. Avec lui étaient morts les rêves les rires, la chaleur, l’amour. Pour toujours.

Cela faisait deux jours qu’elle était allée voir Alfredo. Deux jours seulement. Il lui semblait qu’elle était morte, elle aussi.

-          Isabella ! Bella mia…

Bernardo lui toucha doucement le bras. Elle lui prit la main sans mot dire. Il ne pouvait pas faire grand-chose. Il avait pleuré pendant plus d’une heure après que la police l’eut prévenu. Il avait de nouveau pleuré lorsque Alessandro s’était jeté dans ses bras :

-          Ils ont tué mon papa ! Ils … ils…

L’enfant s’était mis à sangloter et Isabella, immobile comme une statue, l’avait regardé épancher son chagrin auprès du seul homme qui se trouvait près de lui. Il n’avait plus de père, désormais. Plus d’Amadeo. Il n’y aurait plus d’homme dans la maison. Il avait regardé sa mère de ses yeux sombres pleins de terreur.

-          Est-ce qu’ils vont te prendre aussi ?

-          Non ! avait-elle répondu en le serrant frénétiquement contre elle.  Non, jamais !

Toi non plus, mon trésor, avait-elle songé, ils ne te prendront pas. Tu es à moi.

C’était plus que Bernardo pouvait en supporter. Isabella, glacée dans son manteau noir, avec ses bas noirs, son voile et son chapeau noirs. Elle avait un aire plus noble encore que d’habitude. Elle était encore plus belle. Il lui avait rapporté tous ses bijoux sans dire un mot. Aujourd’hui, elle ne portait que son alliance et le diamant. N’y avait-il vraiment que cinq jours qu’ils l’avaient vu pour la dernière fois ? Est-ce que vraiment il ne reviendrait jamais plus ? Bernardo avait eu l’impression d’être lui-même un petit garçon de cinq ans lorsqu’il avait contemplé le visage d’Amadeo di San Gregorio, immobile et calme dans la mort. Il ressemblait plus que jamais aux portraits florentins et aux statues de l’ancienne Rome, p présent qu’l avait disparu pour toujours.

Bernardo lui tint fermement le bras pour l’aider à descendre de voiture et à entrer dans l’église. Il y avait un monde fou à l’intérieur de l’église et des cordons de police tout autour.

L’enterrement fut court et fort pénible. Isabella était assise à côté de lui, et les larmes coulaient sans discontinuer sur ses joues. Les employés, les amis, tous pleuraient sans retenue. Même la gargouille était là avec sa canne d’ébène.

Il lui semble qu’il s’écoulait des années avant que la cérémonie ne fût terminée. Isabella avait fait dire que, contrairement aux usages, elle ne souhaitait voir personne chez elle. Personne. Elle voulait être seule. Qui avait pu les trahir ? Bernardo était persuadé qu’il ne s’agissait pas de quelqu’un de leur entourage. La police ne savait rien. Ils supposaient qu’il s’agissait d’ »amateurs qui avaient eu de la chance« . Ils avaient voulu une partie de l’immense fortune des San Gregorio. Il n’y avait pas d’empreintes, pas de coups de téléphone. Il n’y en aurait plus. Naturellement. A part ceux des centaines, sinon des milliers de détraqués qui allaient se livrer à leur jeu macabre.

La police avait pris le téléphone en charge afin de répondre elle-même à tous ces gens dont le plaisir favori était de torturer, de taquiner, de se livrer à d’extravagantes confessions, d e débiter des obscénités. Ils avaient prévenu Isabella, mais Bernardo en était malade. Il jugeait qu’elle avait subi assez de souffrances comme cela…

de Danielle Steel – page 87….

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