24 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

Il était une fois l’Amour

 

il était une fois...Le soir de Noël, dans les rues de New York, l’agitation est à son comble. La neige qui tombe atténue à peine les coups de klaxon stridents des voitures, le vacarme de la circulation et le brouhaha continuel des passants affairés, les bras chargés de cadeaux, croisant sans cesse d’innombrables pères Noël tenant compagnie malgré le froid mortel, aux enfants ébahis que leur mère entraîne en riant et aux chanteurs de rue, titubant sur le trottoir.

Tout le monde semble emporté dans une sorte de tournante heureuse, où se mêlent la joie et l’exaltation. Pour les enfants, c’est le jour tant attendu depuis de si longs mois, pour les adultes, la fin d’une période toute consacrée aux achats, aux cadeaux, aux réceptions. Epoque unique, faite d’espoirs lumineux aussi purs que la neige qui tombe, de sourires nostalgiques, de réminiscences d’enfances lointaines et d’amours depuis longtemps oubliées.

Vers onze heures du soir, la circulation commença enfin à diminuer. De rares passants marchaient dans la neige qui crissait sous leurs pas. Les rues, sous l’effet du froid, s’étaient verglacées, dissimulant une quinzaine de centimètres de neige fraîche, ce qui les rendait dangereusement glissantes. Un silence inhabituel régnait sur New York ; seul un klaxon isolé résonnait dans le lointain, une voix anonyme hélait un taxi.

Un petit groupe de personnes sortis en chantant et en riant d’une belle demeure située au n° 12 de la 69è Rue. Ils venaient de passer une merveilleuse soirée, abondamment arrosée de vermouth et de champagne. En partant, tout le monde avait reçu de petits cadeaux : bouteilles de parfum, écharpes, livres, boîtes de chocolat.

Le maître de maison était un ancien critique littéraire du New York Times, sa femme une romancière renommée : leurs amis formaient une société intéressante, qui comprenait aussi bien des écrivains en herbe que des pianistes réputés, de très jolies femmes et des intelligences supérieures, tous réunis ce soir-là dans l’immense salon de leur demeure citadine où un maître d’hôtel et deux employées de maison faisaient circuler les hors-d’œuvre et servaient des boissons.

Comme chaque année, la fête ne se terminerait que vers trois ou quatre heures du matin. Les invités qui partirent juste avant minuit, étaient peu nombreux et, parmi eux, se trouvait une jeune femme, blonde et menue, vêtue d’un manteau de vison ; son visage, tandis qu’elle lançait un dernier adieu à ses amis, émergeait à peine, dans le vent, de son col de fourrure. Elle n’avait pas voulu partager un taxi avec eux, préférant rentrer à pied. Elle s’était enfin décidée à rompre sa solitude et à passer cette nuit, si pénible pour elle, entourée d’amis qu’elle n’avait pas vus depuis bien des années. Tout le monde avait été étonné et heureux de la trouver là-bas….

Tout le monde la savait prolifique, mais elle avait momentanément abandonné l’écriture pour se consacrer au scénario et au tournage d’un film. Elle sourit à nouveau, plus gaiement cette fois. Elle avait l’habitude de leurs taquineries qui dissimulaient toujours une pointe d’envie et surtout de curiosité. Daphné Fields était en effet travailleuse, ambitieuse mais aussi très secrète ; elle fréquentait certains cercles littéraires, mais gardait une attitude réservée, qui augmentait son mystère. Seul son regard frappait par sa profondeur et son acuité. Elle avait beaucoup changé depuis dix ans. A vingt-trois ans, elle était sociable, drôle, excessive même… Maintenant, elle était plus calme, les rires du passé illuminaient ses yeux par instants, leur écho enterré quelque part dans son âme…

page 11…. de Danielle Steel

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