12 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

QUI EST Zadie SMITH

 Zadie-Smith

Ses deux modèles sont Katharine Hepburn et Greta Garbo. De la première, elle a les taches de rousseur et l’ironie mordante. De la seconde, la voix très grave et le quant-à-soi mystérieux. Née en 1975, de père anglais et de mère jamaïquaine, Zadie Smith a toujours aimé les mélanges, les antagonismes, les contradictions. Saga désopilante sur l’intégration dans le quartier londonien bigarré de Cricklewood, son premier roman, Sourires de loup (2000), l’a propulsée sur les devants de la scène littéraire à 25 ans. Depuis, elle n’a eu de cesse de se renouveler avec des livres gouailleurs et engagés, dont le meilleur reste sans doute De la beauté (2005), tourbillon dans l’université black-blanc-cœur de Wellington, du côté de Boston. Après une longue pause, elle revient aujourd’hui avec un roman choral, nerveux et désenchanté sur l’errance intérieure de jeunes adultes londoniens, Ceux du Nord-Ouest. Zadie Smith a grandi à Londres, mais vit à New York depuis une dizaine d’années. Rencontre avec une jeune femme dotée d’une idée fixe : ériger la versatilité en valeur suprême, comme en témoigne le titre de son essai intimiste et brillant d’intelligence, Changer d’avis (2009)

L’héroïne de Ceux du Nord-Ouest a la nostalgie du corps asexué de son enfance, quand elle n’avait pas encore à choisir entre ressembler à une fille ou un garçon… Dans quel état vous semble aujourd’hui le féminisme?

En pleine régression. Hier, au terrain de jeu, mon fils d’un an jouait tranquillement dans une voiture rose avec des sirènes, et des filles de 4 ans sont venues lui dire de descendre, parce que ce n’était pas pour les garçons. Elles étaient sincèrement déstabilisées. Pour elles, quelque chose ne tournait pas rond. Jamais dans mon enfance je n’aurais entendu une remarque pareille ! A la fac, à Cambridge, dans les années 1990, on lisait les féministes avec passion. On adorait Julia Kris­teva… EtHélène Cixous ! C’était mon idole ! Je me souviens, quand j’avais 19 ans, de sa venue sur notre campus. Tout le monde était dehors pour l’acclamer. C’était une vraie rock star, en pantalon de cuir, la grande classe ! Maintenant, je crains que plus personne ne sache qui elle est.

Le féminisme est moins radical aujourd’hui. Pourtant, il reste du boulot à faire. Notamment sur la question de la maternité, justement, que les féministes du passé ont trop vite évacuée. A cause d’elles, j’ai grandi dans l’idée que la maternité n’existait pas. Adolescente, si vous m’aviez demandé si je voulais avoir des enfants, je vous aurais ri au nez. Ça n’entrait pas dans mes projets, en aucune façon. Or, quand on est une femme, on se pose forcément cette question, un jour ou l’autre.

Je vends son livre ici : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/25/sourires-de-loup/

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