11 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

LE POIDS DU PASSE

LE POIDS DU PASSEEXTRAIT DU LIVRE :

Janie Brown détestait être obligée de faire la sieste tous les jours après le déjeuner pendant les vacances.

C’était une énorme perte de temps. En plus, c’était absurde ; quand il y avait école, elle ne risquait pas de faire la sieste puisqu’elle ne rentrait à la maison qu’au milieu de l’après-midi et que personne ne lui demandait rien.

Mais Mum insistait sur cette demi-heure de calme, peu importait que Janie affirme qu’elle n’était pas du tout fatiguée. Un jour où Mum s’était fâchée très fort pour se faire obéir, elle lui avait dit : « J’ai besoin de temps à mois, voilà tout ». Depuis, Janie soupçonnait que sa mère l’envoyait faire la sieste uniquement pour ne pas avoir à s’occuper d’elle. Après déjeuner, elle s’installait toujours dans le séjour, ou l’été sur le petit balcon, et elle fumait cinq ou six cigarettes à la file. C’était sa façon de se détendre, avait-elle expliqué à Janie. Mum devait travailler dur. Elle avait un emplir dans une laverie, où elle lavait et repassait le linge d’autres personnes, et elle était toujours éreintée. En temps ordinaire, elle prenait sa pause de midi sur place à la laverie, mais quand Janie était en vacances et qu’elle ne pouvait pas déjeuner à la cantine de l’école, elle se dépêchait de rentrer à la maison pour lui préparer quelque chose à manger. Elle, c’est tout juste si elle y touchait.

« Je me nourris de cigarettes » disait-elle souvent et Janie pensait que ça  devait pas la nourrir beaucoup parce que Mum était très maigre. A deux heures, elle repartait à la laverie, ensuite elle ne rentrait à la maison que le soir. Janie se sentait parfois très seule. Les mamans de ses amies étaient à la maison, elles jouaient avec leurs enfants, l’après-midi, elles leur préparaient du chocolat chaud et des tartines de confiture. En échange, il fallait reconnaître que ces filles n’étaient pas très dégourdies. Elle avait entendu la maman de son ami e Sophie dire à sa maman : « Je suis toujours étonnée de voir combien votre Janie est indépendante ».

Parfois, quand elle se sentait triste d’être seule, elle y pensait et ça allait tout de suite mieux. Elle avait aussi entendu d’autres choses, et ça, c’était moins agréable. Elle savait qu’on appelait sa maman « mère célibataire » et que ça provoquait chez beaucoup de gens une pitié qui ressemblait à du mépris.

Mme Ashkin, qui habitait deux étages en dessous de chez elles, avait dit à sa voisine que le père de Janie était inconnu et elle avait ajouté : « Sans doute qu’il y en a trop de possible… » Janie n’avait pas compris ce qu’elle voulait dire par là, mais le ton et l’expression de Mme Ashkin lui avaient laissé penser que Mum devait de nouveau avoir fait quelque chose qui inspirait du mépris aux autres…

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http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/10/11/le-poids-du-passe/

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