05 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

INTERVIEW de Solenn Bardet

Solène+Muha

Dans la fascination de Solenn pour l’Afrique, nourrie d’images, de livres et de films, je me reconnais beaucoup. Et je dois avouer qu’en marchant vers chez moi, deux heures plus tard, j’avais vraiment envie de boucler mon sac et d’explorer enfin ce continent fascinant dont je ne connais pas grand chose. Sa passion, ses mots, sont contagieux.
La voici donc, à 18ans, par le hasard des rencontres, qui plante sa tente à une distance respectable d’un village himba. La rencontre se fait peu à peu, en liant des contacts avec des enfants, puis des jeunes de son age.

J’étais persuadée qu’elle avait finalement appris rapidement à parler himba, gardant le souvenir d’étudiants mexicains qui débarquaient dans mon lycée et parlaient français en deux mois. Il s’avère que la grammaire himba est particulièrement complexe et que, pendant plusieurs années, Solenn et se famille adoptive n’ont échangé que par gestes : figurez-vous qu’il y a 16 genres dans la langue himba (au lieu de nos masculin/féminin) et que tout se décline…

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PIEDS NUS SUR LA TERRE ROUGE

 

Des Himbas, je ne savais pratiquement rien avant de regarder son film « les himbas font leur cinéma« . J’avais bien sûr vu quelques photos d’amis partis voyager en Namibie, et je visualisais un peu leur apparence : femmes couvertes d’ocre, bijoux et habits traditionnels. Mais sans vraiment connaître leur mode de vie.

Le film de Solenn me plaisait déjà sur le papier, avec un concept très intéressant : un film co-écrit avec des himbas. Solenn prête ses moyens techniques, donne de la cohésion à l’ensemble, mais ce sont eux qui décident de ce qu’il veulent dire et montrer. Un film fait main dans la main, en somme, où ils deviennent plus que de simples sujets muets.

L’idée vient d’un constat simple : ils sont régulièrement filmés mais on ne leur laisse jamais la parole. A chacun de ses voyages, Solenn ramenait les reportages qui avaient été tournés, et organisait des projections dans les villages. Dans un premier temps, ils ont adoré, se voyant pour la première fois. Puis, au fil des années, ils ont commencé à devenir critiques, remarquant qu’on disant beaucoup de bêtises et qu’une voix off couvrait souvent leur propre voix. Le déclic, ce fut quand Solenn ne reconnut pas sa famille adoptive, tant l’image qu’ils renvoyaient ne leur ressemblait pas. « Et si on faisait notre film ? ».

VIDEO Image de prévisualisation YouTube 

Solenn s’occupe, depuis plusieurs années, d’une compagnie de théâtre un peu particulière : des « acteurs » arrivent avec des bagages un peu lourds, des vies difficiles (certains sortent de prison, d’autres viennent d’arriver en France, etc.), et racontent leurs expériences. Autour de cela, ils mettent en scène une pièce.

Si les himbas ne sont pas dans des situations délicates, l’exercice reste similaire, et Solenn est rodée ! Elle rassemble les pièces du puzzle pour former un film cohérent et diffusable en France.

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