29 août 2015 ~ 0 Commentaire

MERES-FILLES une relation à trois

 

2003-Eliacheff-meres-filles-une-relation-a-troisIl n’est rien de plus efficace que la passion amoureuse pour précipiter le détachement d’une mère à l’égard de son enfant. Plus spectaculaire que l’investissement sur son époux ou son rang, la liaison adultère – ou consécutive au divorce – de la mère « plus femme que mère » est fort prisée des romanciers et scénaristes. Mais lecteurs ou spectateurs oublient presque toujours que ces mères-là ont des enfants, pour la bonne raison qu’elles-mêmes n’y songent guère. Il faut glisser le regard dans les interstices de l’intrigue amoureuse pour y capter quelque chose du désarroi de la petite fille, rivale forcément malheureuse de l’amant de sa mère.

Se souvient-on qu’Emma Bovary avait une fille. Les quelques pages que Flaubert consacre à la petite Berthe dans Madame Bovary (1857) confirment, si besoin était que la maternité n’était pas la préoccupation principale de sa célèbre héroïne ; Il peut sembler paradoxal de se demander quel genre de mère était l’amoureuse Emma : Flaubert nous présent un cas typique de mère plus femme que mère.

Emma est une femme qui cherche avec passion à être passionnée. Tout peut servir ; sa coiffure, l’italien, les lectures séreuses, devenir une sainte ou être une religieuse d’hôpital ; même la maternité, à ce titre, l’intéresse. Mais ses « passions », « elle les prenait, les quittait, passait à d’autres ». Si seulement elle avait été un garçon : « Un homme, au moins, est libre ; il peut parcourir les passions et les pays, traverses les obstacles, mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais une femme est empêchée continuellement ». Empêchée, Emma l’est comme le sont les femmes de son époque et de son milieu. Mais empêchée dans son identité d’épouse, et de mère, c’est toute son histoire, qui fera le scandale que l’on sait.

Empêchée d’être mère, elle l’est dès la grossesse ; ne pouvant s’offrir le trousseau dont elle rêve, elle désinvestit et le trousseau et l’enfant à venir qui, déjà ne peut lui offrir la gratification narcissique qui passe par les achats ostentatoires. Puis, à la naissance, apprenant qu’elle avait une fille, « elle tourna la tête et s’évanouit ». Un garçon aurait été un prolongement idéalisé d’elle-même ; mais une fille ne peut la renvoyer qu’à la réalité, celle du malheur d’être femme, dont elle mettra toute son énergie à s’échapper – jusqu’à en mourir. En s’évanouissant, elle évite de regarder Berthe ; mais c’est d’abor d’elle-même qu’elle se détourne ainsi. Une fois revenue à elle, le choix du prénom est, non dit Flaubert, son unique préoccupation, indiquant ce qu’elle projette sur sa fille ; qu’elle s’élève au-dessus de sa condition sociale, à défaut d’être un garçon ». Emma se souvint qu’au château de la Vaubyessard elle avait entendu la marquise appeler Berthe une jeune femme ; dès lors, ce nom-là fut choisi ».

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