28 août 2015 ~ 0 Commentaire

CHAMANE

  • chamane-peint-gp-543poExtrait 

Deborah Williams, fille d’un riche papetier de Philadelphie descendait des pères pèlerins, The pilgrim fathers, avait grandi dans le monde concret des affaires, où l’irrationnel n’avait pas de place. Seul le Tout-Puissant méritait le respect, un Tout-Puissant à l’image des premiers défricheurs. « A chacune selon son mérite  » était un principe de base et surtout pas « à tous la même chose »,  comme prétendaient certaines prêtres catholiques, contaminés par les idées marxistes.

Le Dieu de ces protestants était un dieu de pionniers. Il avait en 1620 offert les rives d’Amérique aux cent deux passagers puritains du Mayflower, pour qu’ils y fissent souche. En débarquant sur la côte Est, après un périlleux voyage, ces immigrants s’étaient en effet identifiés aux Hébreux atteignant, après quarante années d’errance dans le Sinaï, la terre de Canaan.

Ils travaillèrent dur, engendrèrent des lignées de leaders qui combattirent les Indiens, l’Angleterre, le Mexique et s’affrontèrent aussi entre eux pour édifier leur nation. C’est avec de la sueur et du sang que les plus entreprenants édifièrent leur fortune. Les hommes issus de cette engeance coriace, qui s’étaient approprié un sol neuf pour en fait leur pays, restaient viscéralement attachés à la fibre entreprise et ne pouvaient imaginer que la terre pût être autre chose qu’un espace à dominer, défricher et rentabiliser. Insatiable phagocyte, Samuel Williams avait grandi en absorbant les uns après les autres tous ses concurrents.

Il possédait des concessions forestières immenses au Canada, au Brésil, et des filiales à Bornéo. Chaque jour, des dizaines de milliers de pins de toutes espèces, de fromagers, d’érables, de hêtres, de frênes etc. étaient tronçonnés et broyés, pour alimenter ses usines de transformation.

Cette mentalité avait conditionné Deborah. Même après s’en être émancipée, elle conservait des réflexes remontant à sa jeunesse. Il lui était difficile de considérer le bois comme autre chose qu’une matière première. Elle avait baigné dans cette idée depuis qu’elle avait vu le jour et si, marquée par les courants de son époque, elle s’était fortement révoltée contre son milieu, cela n’avait pas été au point de le remettre fondamentalement en question. Elle devint démocrate, ce qui chagrina beaucoup ses parents, milita à l’université contre l’engagement américain au Vietnam. Dans son for intérieur cependant, les arbres servaient surtout à faire de la pâte à papier. Et entendre Judik en parler comme s’ils étaient doués de sensibilité et de vertus l’empêchait de le prendre au sérieux.

Il était si convaincant, néanmoins, qu’elle le laissa poursuivre et il lui raconta en détail ses expériences. …

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