21 août 2015 ~ 0 Commentaire

LE TOIT DU MONDE

mont-everest

Page 109 – Extrait de l’Impératrice de la Soie 1

Palais impérial de Chang An, Chine. 8 janvier 65

L’entretien que l’impératrice Wuzhao allait avoir avec Pureté du Vide revêtait pour elle la plus grande importance, même s’il tombait fort mal.

Elle avait, depuis son réveil, ce terrible mal de crâne qui la prenait au moins une fois par semaine et pouvait la conduire jusqu’aux vomissements.

C’était un véritable étau de feu qui lui serrait les tempes à la faire hurler de douleur. La crise pouvait durer quelques jours d’affilée, la contraignant à demeurer sur son lit, immobile comme une statue dans le noir absolu, à tel point qu’elle se demandait, en proie au délire om elle finissait par sombrer, si elle était toujours vivante, ou bien si elle était morte, ou pis encore, si elle n’avait pas été enterrée vivante….

Et ce matin-là, malgré l’absorption de son bol de thé aux Huit Trésors brûlant, qui d’habitude la calmait, l’impression que sa tête allait éclater persistait.

L’impératrice Wuzhao était migraineuse et les nuits agitées ne valaient rien de bon à ce mal dont elle était affectée depuis l’enfance.

-         Le muet, place cet insecte hors de la portée de mes oreilles. J’ai l’impression qu’il est en train de me scier les méninges ! demanda-t-elle, les yeux mi-clos, tant elle souffrait.

Ledit Muret s’exécuta et accrocha prestement la petite cage au  volet d’un des montants de la porte qui donnait sur le jardinet d’agrément de la chambre de l’impératrice.

Depuis qu’elle était devenue l’épouse officielle de Gaozong, Wuzhao ne se déplaçait jamais sans son grillon personnel. L’insecte était enfermé dans une petite cage sphérique, faite de lamelles de bambou tressées, que portait toujours le factotum auquel elle venait de s’adresser.

Celui-ci, un homme impressionnant avec sa queue de cheval qui surgissait du haut d’un crâne entièrement rasé, était un Turco-Mongol de près de deux mètres de haut, dont la musculature développée saillait sous la tunique ajustée.

La langue de ce garde du corps avait été coupée par un colonel chinois quand il avait été fait prisonnier, à l’issue d’un des conflits périodiques qui opposaient l’armée impériale des Tang à cette ethnie dont les combattants sanguinaires, massés aux marches de l’empire, tentaient par tous les moyens de franchir sa Grande Muraille.

Wuzhao avait repéré le Muet alors que Gaozong l’avait emmenée faire une tournée d’inspection des butins de guerre ramenés à Chang An par l’armée de l’Ouest.

Le butin, conquis de haute lutte, avait été déposé dans la cour centrale de la caserne, afin que l’empereur put choisit, le premier, ce qu’il voulait au milieu de l’amoncellement d‘armes, de jarres remplies de pièces d’or et d’argent et d’objet précieux posés sur des tapis de haute laine et de soie. Devant un gigantesque tambour de bronze, dont la fonte permettrait de forger de dizaines de milliers de pointes de flèches, attaché par de lourdes chaînes, se tenait un géant au crâne rasé surmonté d’une queue de cheval, dont les moustaches tombantes, torsadées et huilées, paraissaient prête à piquer, comme des serpents, tous ceux qui oseraient s’en approcher.

-         Veux-tu choisir un bijou ou une tiare précieuse ? avait demandé l’empereur à Wuzhao en lui effleurant la taille.

-         La seule chose qui m’intéresse, c’est lui ! avait-elle répondu en désignant le Turco-Mongol sui dépassait l’empereur d’au moins trois têtes.

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