18 juin 2015 ~ 0 Commentaire

LE GLAIVE ET LA CROIX

EXTRAIT DU LIVRE :

eponge-glaiveConstantin regarda Crocus et vit dans les yeux du jeune Franc le désarroi qu’il éprouvait lui-même. Les lances employées par les equites au cours des combats étaient plus longues et plus légère que le pilum, cette lance pesante, avec laquelle les légions avaient conquis la plus grande partie du monde connu… mais elle était à peine moins meurtrière que le glaive. Près du tiers du fer de lance était aiguisé de manière à pénétrer une armure et la tige de bois à laquelle elle était ajustée comprenait un autre tiers de la hampe et servait non seulement à tenir la lance mais aussi de protection pour la main. C’était une arme terrible, maniée par d’habiles mains. Les deux jeunes hommes revêtus seulement d’armures légères en écailles de métal ne pourraient dans ces conditions mener un combat même simulé sans que l’un des combattants ou les deux fussent blessés ou tués.

Ce fut Dacius qui remarqua une inégalité dans leur armement au moment même où Constantin montait à cheval. Pour la parade ce matin-là, Constantin s’était servi d’un glaive d’entraînement à lame courte faite d’un acier de qualité inférieure mal trempé. Crocus cependant portait son glaive personnel, une arme racée d’acier espagnol plus longue et bien plus apte à faire résonner les boucliers métalliques, tandis qu’ils frapperaient réciproquement leurs boucliers dans leur attaque feinte.

-          Prend cela, Constantin, ordonna Dacius en détachant de sa ceinture son propre glaive qu’il remit au jeune cavalier.

Tandis que Constantin bouclait sur lui sa nouvelle arme, Dacius s’approcha tout près de son cheval et parla à voix basse :

-          Crocus est ton ami, mais ces Gaulois s’excitent facilement pendant un combat. Sache qu’il est un adversaire expérimenté, aussi tiens ton bouclier tout contre toi ou il te l’arrachera dès la première passe !

Constantin répondit par un signe de tête et se mit en selle. La monture de Crocus caracolait à quelques pas avide d’espace. Les deux cavaliers traversèrent au galop le champ d’exercice en direction de l’estrade de Galère, devant laquelle ils s’immobilisèrent en saluant la lance tendue. Ils firent un tête à queue et s’éloignèrent l’un de l’autre d’à peu près cent pas. Lorsque l’appel de la trompe annonça le début du combat simulé, chacun des adversaires lança sa monture en avant et franchit au galop une partie de la distance qui les séparait.

Selon le principes classiques président à de telles passes d’armes, les première s’accomplissaient avec la lance levée, tandis que chacun des protagonistes tentait d’atteindre le corps de son adversaire pour le tuer ou le désarçonner. Mais dans le combat simulé tel que celui-ci, chacun d’eux devait seulement chercher à atteindre le bouclier de l’autre, avec l’espoir de le heurter si violemment qu’il jetterait l’adversaire à terre, le forçant ainsi à combatte à pied, ce qui le désavantageait considérablement. Aussi Constantin saisit-il solidement sa lance de la main droite, en tenant son bouclier devant lui de la main gauche, offrant ainsi une cible facile à la lance de Crocus alors qu’ils s’élançaient au galop l’un vers l’autre.

Ce ne fut que lorsque, se penchant en avant sur sa selle, il aperçut la lueur fiévreuse qui animait le regard de son ami que Constantin comprit : le noble Gaulois avait l’intention de donner à ce combat simulé toute l’apparence d’un véritable duel. La pointe de la lance de Crocus se trouvait à peine à une longueur de Constantin et lorsqu’il la vit soudain pointée vers lui, il ne douta plus que Crocus tenterait de passer sa lance entre son corps et le bouclier, employant le levier puissant pour l’arracher de sa selle et le lancer brutalement à terre.

Se souvenant des conseils de Dacius, Constantin se rejeta en arrière en serrant son bouclier contre lui. Il éprouva des pieds à la tête le choc vibrant de la lance du Gaulois qui glissa sur son bouclier ; Mais il réussit à rester en selle. Cette brusque manœuvre lui fit cependant manquer son propre coup, car la pointe de sa lance effleura à peine le bouclier de Crocus, tandis que les deux chevaux passaient l’un contre l’autre presque exactement devant l’estrade de l’Auguste.

Le mouvement rapide de Constantin lui avait permis de rester en selle, mais son brusque changement de positon interdit à Crocus de contrôler son coup. La lance glissant sur le bouclier de Constantin frappa plus bas et Constantin sentit la pointe acérée pénétrer dans le corps de son cheval. Juste en arrière de la selle, l’acier vibra dans l’épine dorsale du cheval.

La blessure était mortelle t, comme les genoux de sa monture pliaient, Constantin fut forcé de se servir du bois de la lance comme d’une perche pour s’élancer hors de sa selle avant d’être écrasé sou le corps du cheval. Il atterrit toujours en possession de ses armes et de son bouclier ; Crocus, entre-temps avait réussi à retirer sa lance du corps du cheval agonisant bien qu’il fût lui-même presque désarçonné.

Lorsque le prince gaulois fit virer sa monture à quelque cent pas plus loin, Constantin jeta un regard vers Galère, assis sur son trône, ayant son sonneur de trompe debout près de lui. Il s’attendait à entendre le son de la trompe terminant cette exhibition devenue inégale, mais rien ne vint et, avec une douloureuse surprise, il comprit que Galère avait l’intention de laisser le combat se poursuivre quelque issue qu’il pût avoir.

Se retournant alors vivement, il vit Crocus foncer vers lui la lance prête à frapper à nouveau. Le choc infligé avec les forces conjuguées du cheval et du cavalier serait d’autant plus rude et Constantin ne voyait pas comment il s’en tirerait sans une blessure grave – à moins d’en mourir… Heureusement, il se souvint à temps de la ruse qui avait permis aux fantassins d’Alexandre le Grand, les hoplites, de battre la cavalerie perse, qui se lançait contre eux en une attaque foudroyante….

Je vends ce livre de Frank G.Slaughter ici :

http://bibliothequecder.unblog.fr/2015/05/12/le-glaive-et-la-croix/

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