16 juin 2015 ~ 0 Commentaire

INTERVIEW DE Bernard WERBER

Bernard_Werber

Cinq millions d’ouvrages vendus en France, dix millions dans le reste du monde, une pièce de théâtre qui prend fin à Paris, des nouvelles, des bandes-dessinées, des courts-métrages… et un nouveau roman: ‘Le Souffle des Dieux’. A cette occasion, Bernard Werber nous confie ses réflexions. 

Comment qualifieriez-vous vos romans?

Le mot qui me conviendrait le mieux, pour reprendre le terme « science-fiction », est « philosophie fiction », c’est-à-dire non plus de la technologie mise en fiction mais de nouveaux modes de pensée.

Pourquoi avoir créé une nouvelle trilogie?

J’avais envie de faire une sorte de ‘Seigneur des Anneaux’, ‘Dune’ ou ‘Fondation’ et je me suis laissé emporter par l’écriture. J’ai fait plus long que ce que j’avais prévu parce que je créais plein de péripéties et de personnages qui avaient tous leur utilité. Au bout d’un moment ça fait beaucoup.

A l’origine, votre nouveau roman sur les dieux ne devait-il pas être la suite des « Thanatonautes » et de « L’Empire des Anges » et clore ainsi la trilogie?

J’avais l’intention de réaliser un gros bloc. Je ne savais pas si j’allais le diviser en deux ou en trois, mais rarement je ne l’ai pensé en un parce que c’était énorme. Je me doutais bien que je n’allais pas faire toute l’histoire de l’humanité en 100 pages.

POUR RETROUVER SES OUVRAGES, clic ICI :

LE SOUFFLE DES DIEUX

LE PAPILLON DES ETOILES 

PARADIS SUR MESURE 

LE MYSTERE DES DIEUX 

NOUS LES DIEUX 

LES FOURMIS de Werber

De même, ce deuxième volet devait initialement s’intituler ‘Le Souffle de l’Histoire’. Pourquoi est-il devenu « Le Souffle des Dieux »?

On rajuste en permanence. Cela aurait créé des confusions d’avoir plusieurs titres car il faut que l’identification soit déjà dans le titre. Comme le mot « fourmis » désignait la trilogie des fourmis, le mot « dieux » désigne la trilogie des dieux.  Commandez ‘Le souffle des Dieux’
 

Vous avez dit que si vous écriviez, c’est dans l’espoir, un jour, d’être compris. Votre héros, Michael Pinson, dit aussi qu’il est tombé amoureux d’Aphrodite parce qu’elle est la seule à le comprendre. Il y a ici un lien évident entre vous et vos personnages. Vos protagonistes sont-ils des projections de vous-même?

Tout à fait, des projections de moi-même ou des gens que j’ai rencontrés. Par exemple, tout comme Michael, je suis un idéaliste pacifique. J’ai une grande difficulté à faire les méchants. Je vais chercher dans ce que je peux avoir de plus noir, mais je n’en ai pas beaucoup en moi… Alors quand je rencontre quelqu’un de méchant dans ma vie je prends des notes. Ce sont des petits trésors. La qualité d’une histoire vient souvent de la qualité du méchant. Autrement j’adore créer les personnages féminins, parce que je vais chercher toute la féminité qu’il y a en moi. Ainsi, Isidore Katzenberg et Lucrèce Nemrod, du ‘Père de nos pères’ et de ‘L’Ultime Secret’, sont les pendants masculins et féminins de ma personnalité. Et dans ‘Le Souffle des Dieux’ je fais une introspection plus profonde.

Pour reprendre les « catégories » des personnages de votre nouvelle saga, vous voyez-vous plutôt comme un élève-dieu, un Maître dieu ou une chimère?

Un élève dieu parce que c’est tellement difficile, il faut apprendre… Je joue à des simulateurs de vie artificielle sur ordinateur et je n’arrête pas d’apprendre. Je teste le communisme, l’anarchisme, la féodalité…

 

VIDEO Image de prévisualisation YouTube

Et quand vous transmettez votre vision de la vie, votre propre philosophie dans vos romans, ne devenez-vous pas un Maître dieu?

Non, parce que je montre souvent plusieurs aspects. A chaque fois que j’énonce une théorie je donne aussi son contraire. Raoul a une théorie contraire de celle de Michael et les deux sont exposées. Je ne dis pas que Michael a raison. C’est le point de vue du lecteur, le mien, mais l’Histoire donne raison aux Raoul et pas aux Michael. J’aimerais que ça change.

Pouvez-vous répondre à la question principale de votre nouveau roman: et vous, si vous étiez dieu, vous feriez quoi?

Si j’étais dieu, je ne ferais rien. Avant j’avais une fourmilière dans laquelle j’avais repéré deux camps. Je ne suis jamais intervenu pour l’un ou contre l’autre. Donc a priori si j’étais dieu je ne changerais rien à l’humanité. Je ne me dirais pas « tiens, eux, ils sont vachement sympas je vais les aider ». Par contre ça m’amuserait d’intervenir à très petite dose, par les rêves, comme dans ‘Le Souffle des Dieux’. Dans ce nouveau roman, vos personnages se livrent à la manipulation d’une planète. En observant ainsi les humains, on a l’impression de voir un remake de la télé-réalité. De même, les personnages de ‘Nos amis les humains’ sont d’abord persuadés d’être dans un jeu de télé-réalité.

Ce phénomène vous a-t-il inspiré pour l’écriture du roman?

J’ai commencé ça avant la mode de la télé-réalité, il y a huit ans. Déjà dans ‘Les Fourmis’ j’avais l’idée d’observer l’humanité, avec cette fourmi qui observe les humains. C’est donc un thème récurrent de mon travail; j’essaie toujours de comprendre avec un peu de recul.
 

Vous considérez la télévision comme « un moyen pour les puissants de maîtriser les faibles. » Vous qui vous interrogez sur la communication, ne pensez-vous pas que la télévision puisse être utilisée à bon escient?

En tant que moyen de communication, évidemment, c’est un outil. Mais actuellement, telle qu’elle est utilisée, avec des physiques de premier de la classe ou en se servant d’ »épouvantails » ils font bouger le troupeau dans une certaine direction, notamment en jouant sur l’émotionnel. Par exemple, lors d’une guerre, en montrant les corps d’un camp et pas ceux de l’autre camp, automatiquement tout le public va compatir au camp des victimes. C’est donc à celui qui exhibe le plus ses morts. C’est de la manipulation. On est mal informé.

Lire la suite ici….. http://www.bernardwerber.com/interviews/Evene.html

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

A Book Please |
Quidam |
Mon Sang d'Encre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lectureinfernale
| Un pour tous tous pour un
| Laloba54