16 juin 2015 ~ 0 Commentaire

INTERVIEW DE Annie Ernaux

 Annie Ernaux

Depuis plus de trente ans, Annie Ernaux explore, fouille, décante et distille le passé, tout en refusant la poésie du souvenir. A la fois populaire et exigeante, elle oppose le souci de la «vérité» au mouvement de l’autofiction auquel on a parfois voulu la rattacher – à tort. Issue d’un milieu modeste, elle se considère comme une «transfuge de classe» et choisit le récit autosocio-biographique dès les années 1980, lorsqu’elle publie La place pour évoquer la mort de son père, cafetier à Yvetot, et le quotidien de ses parents. L’ouvrage est un énorme succès, obtient le prix Renaudot.

POUR RETROUVER SES OUVRAGES, clic ICI :

UNE FEMME

 Un entretien avec Annie Ernaux n’est jamais un simple commentaire sur sa vie et son oeuvre. Pour elle, les mots ont trop d’importance.

 

VIDEO Image de prévisualisation YouTube

 

Annie Ernaux. Le journal intime est un déversoir, un matériau brut. J’y confie des moments forts, il ne s’agit pas d’une tâche quotidienne. Il peut se passer de longues périodes sans que j’y note quelque chose et je ne le corrige pas. Par exemple, je viens seulement d’écrire quelques lignes pour entamer l’année 2008. Les notes ont une autre fonction, j’en ai partout chez moi, je croule sous les dossiers. Mais ce sont ces notes qui me permettent d’entrer dans une oeuvre concertée.

Mais qu’y a-t-il donc dans vos notes? 

A.E. Des choses impersonnelles sur l’état de la société, les changements extérieurs. J’ai beaucoup de mémoire mais, souvent, les souvenirs me reviennent en lisant, en écrivant. Fréquemment, ce sont ces notations, ces images, qui m’ont permis de construire mon livre. Par exemple: une image de mon opération des amygdales à cinq ans, je revois l’hôpital, les enfants. J’entends les garçons et les filles qui parlent puis sont tous en train de pleurer. Pourtant, ce souvenir-là, en tant que souvenir personnel, ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est trouver une entrée, une conscience dilatée dans l’époque et me rappeler ainsi beaucoup d’autres choses qui vont s’accumuler, s’intégrer. C’est ça qui est fort et c’est ça qui sauve. Car, au fond, ce livre est une manière de sauver une vie.

Que signifie chez vous cette expression «autobiographie romanesque»? 

A.E. Avec ce livre, en particulier, j’ai voulu créer une fusion. J’ai utilisé le «on», le «nous», le «elle» comme une forme collective, impersonnelle. Sans pour autant me passer de l’intime. Habituellement, le «je» de la première personne est le signe de l’autobiographie. Mais il est également un moyen de dire le monde qui est autour. A condition qu’il ne s’agisse pas d’autobiographies bêtement centrées sur soi, bien sûr!

Lire la suite sur  http://www.lexpress.fr

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

A Book Please |
Quidam |
Mon Sang d'Encre |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lectureinfernale
| Un pour tous tous pour un
| Laloba54