25 mai 2015 ~ 0 Commentaire

QUI EST : Didier van Cauwelaert

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Didier van Cauwelaert cumule prix littéraires et succès public. Prix Del Duca, prix Nimier, prix Goncourt, il a publié récemment Les témoins de la mariée et La femme de nos vies, récompensé par le Prix des Romancières 2013 et le Prix Messardière du Roman de l’été. Avec Rapport intime, il retrouve Alain Sachs, qui mit en scène sa pièce Le Passe-Muraille.

Je cède ses livres ici :

L’EVANGILE DE JIMMY

LA VIE INTERDITE

 

En apprenant à écrire. A l’école. A l’âge de sept ans. Là, j’ai découvert que les mots servaient à raconter des histoires. Mais ce n’est pas la lecture qui m’a interpellé, c’est, plus que toute autre chose, le contact entre le papier, le stylo et le mot. Cette découverte fut déterminante. De l’ordre de la révélation.

 Enfant, j’étais un rêveur lucide. Mais dans la cour de récréation, avec mon nom et ma tête de Flamand, je n’étais pour les autres écoliers qu’un métèque à qui on cassait la figure. Jusqu’au jour où je me suis mis à raconter des histoires. J’ai alors découvert que l’imaginaire pouvait arrêter la violence. Je me faisais passer pour plus flamand que je n’étais, apprenant seul la langue de Brel, et pour plus niçois que je n’étais. Tout à coup, ceux qui me battaient se sont mis à aimer les histoires que je leur racontais – plus invraisemblables les unes que les autres, je l’admets. Je suis devenu leur héros. Je n’ai aucun besoin d’être aimé – mon ego n’est pas dans ma personne, mais dans mes créations. Mais, tout à coup, devant ces gosses qui hier me détestaient et me frappaient et aujourd’hui m’écoutaient et m’aimaient, je me sentais nécessaire. Ça m’a donné envie d’aller vers les autres. Et de raconter encore. Et puis, il y avait un côté démiurge : j’étais le metteur en scène de mes histoires. Dès cette époque, je me suis mis à romancer ma vie. Ainsi je faisais de mon père, paralysé, un héros sacrifié. Je jouais, j’habitais des personnages. Je voulais savoir jusqu’où on peut être cru. Très vite, au lieu de me contenter de raconter des histoires, je les ai écrites, sur des cahiers Vivalfa, comme des romans, avec la ferme intention de les faire publier chez Gallimard !

 A 22 ans, je sortais d’une terrible traversée du désert. Entre 7 et 22 ans, je n’ai pas cessé d’écrire et j’ai été refusé par tous les éditeurs. Je recevais jusqu’à une demi-douzaine de refus par mois… [Il se lève, se dirige vers une armoire, l'ouvre. A l'intérieur, des classeurs petit format dont il tourne les pages, écrites à l'encre bleue.] Voilà, j’ai conservé ces manuscrits que, bien sûr, je ne publierai jamais… Encore que… La vie interdite [NDLR : publiée en 1997], je l’ai commencée à l’âge de 15 ans. Le lendemain de l’attribution du Goncourt pour Un aller simple, en 1994, je me suis dit que j’avais enfin les moyens de me consacrer à cette histoire et j’ai réécrit entièrement ce livre qui reste l’une de mes plus importantes aventures d’écriture.
La littérature doit être un divertissement pour le lecteur, pas pour l’auteur. L’écriture amateur, ça me gonfle !

Mais il y a des enfants qui sont, en puissance, de vrais écrivains. J’en ai rencontré beaucoup. Je suis président du jury d’un concours des nouvelles dans les Alpes-Maritimes, je fais très souvent des master classes. Je me souviens d’un garçon à qui l’on demandait ce qu’il voulait faire plus tard et qui répondait : « Aviateur ou écrivain. » Ses textes étaient d’une qualité bouleversante mais dans la fiche qu’il avait remplie, à la question « Qu’est-ce que vous n’aimez pas ? », il avait répondu : « le français ». Etonné, je lui ai demandé pourquoi il n’aimait pas le français mais voulait devenir « aviateur ou écrivain ». Il m’a dit : « Parce que j’ai plein d’idées et que les mots ne suivent pas. » Je lui ai expliqué qu’il fallait les apprivoiser, les mots. Et si ce môme réussit à tenir tête à sa famille, où l’on est chômeur de père en fils et où l’on vous dit « arrête tes conneries » si vous parlez de devenir écrivain, alors, de nid à poussière il pourra se transformer en stradivarius.

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