15 avril 2015 ~ 0 Commentaire

PSYCHOLOGIE SOCIALE ET COMMUNICATION

EXTRAIT DU LIVRE : 

 

marilena-bertolinoBien que récemment apparue dans le champ des sciences humaines, la psychologie sociale a connu aux États-Unis un essor rapide et décisif qui la classe aujourd’hui parmi les disciplines les plus marquantes et fécondes. Il n’en fut pas de même en Europe où elle a longtemps présenté les stigmates du sousdéveloppement : faiblesse numérique des spécialistes qualifiés empêchant d’atteindre la « masse critique » qui autorise une production dynamique et originale ; entreprises isolées, mal connues et peu coordonnées ; sous-équipement institutionnel et scientifique ; non-reconnaissance académique ; état de dépendance à l’égard des orientations venues d’outre-Atlantique…

Si pour certains pays, la situation évolue dans un sens positif depuis quelques années ; si un effort européen réussit à favoriser les échanges et le développement cohérent d’une psychosociologie continentale 2 ; on doit regretter en France un état de relative stagnation due à la persistance de certains obstacles au nombre desquels les résistances intellectuelles ne sont pas les moindres.

Chez nous, dernière venue et parente pauvre des sciences de l’homme, la psychologie sociale a singulièrement pâti des difficultés qui entravent l’expansion et la diffusion de la recherche fondamentale. Parallèlement, les débouchés ouverts par le marché privé ont encouragé la prolifération des applications pratiques, induisant par là une image de la discipline comme pure technique d’intervention sociale. Par suite, elle se trouve dans la position paradoxale d’être tout à la fois mal connue dans ses aspects les plus recevables scientifiquement et prise à partie, avec une réitération opiniâtre, par les critiques épistémologiques et idéologiques. Les sciences qui lui sont apparentées s’accommodent, sans inconfort, de sa récusation globale et de l’emprunt scrupuleux aux travaux qui la représentent. Divers courants de pensée cristallisent sur sa méconnaissance les griefs dont ils accablent l’ensemble des sciences humaines.

 Cette dynamique se traduit dans la désaffection que les jeunes esprits manifestent pour la recherche et la réflexion théorique en psychologie sociale et la fuite des talents vers le secteur privé ou d’autres régions du champ intellectuel. Et le cercle vicieux du piétinement est noué. En tout cela, il y aurait matière à une intéressante analyse psychosociologique des préjugés qui régissent implicitement les rapports au sein de la communauté scientifique.

De même serait-il aisé de retrouver, sous l’emballage de la critique épistémologique ou idéologique, les anciennes oppositions philosophiques aux sciences sociales. Tous ces commentateurs aussi sévères que peu inventifs qui, citant Bachelard ou Koyré, mais pensant Brunschvicg ou Ravaison, usant d’une langue néo-kantienne mâtinée de marxisme, condamnent, sans les connaître, les efforts d’une discipline à comprendre les phénomènes essentiels de la vie sociale ou politique (l’influence, la communication, les conflits, les représentations sociales, les idéologies, etc.) ne font que réconforter de vieilles préventions et perpétuer une forme d’esprit et de questionnement contraires au travail expérimental et théorique.

Mais pour importants que soient sociologiquement ces défenses, ces « retours du refoulé », pour justifiées que paraissent certaines critiques épistémologiques, idéologiques, ou politiques adressées aux psychosociologues, en discuter ici n’est pas la tâche primordiale. Il y a plus urgent (et il vaut mieux attendre, du reste, que tous ces discours passent à « l’œuvre » pour savoir exactement ce dont ils sont le discours et pourquoi ils prétendent représenter quelque chose plutôt que rien).

Pour redresser une situation dont bientôt nous serons les seuls à souffrir, et à l’avenant des autres pays d’Europe occidentale et orientale, libérer les énergies qui aideront au progrès de la discipline, il est deux tâches plus immédiates et plus humbles. La première est d’information : tel est le but du présent ouvrage. La seconde, visée de cette préface, est de découvrir un domaine de pensée dans la richesse de ses contradictions et de sa conquête.

Je vends ce livre ICI : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/16/psychologie-sociale-et-communication/

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