LE SCHEMA CORPOREL EN SOPHROLOGIE
EXTRAIT DU LIVRE :
Le premier temps constitue une mise en condition, analogue à ce qu’on peut trouver dans d’autres méthodes de relaxation. La patiente, allongée, les yeux fermés, est initiée à un rythme respiratoire précis: petite inspiration, temps de rétention, expiration prolongée -qui va la conduire progressivement à cet « état du bord du sommeil », où elle ne sera plus que le spectateur désimpliqué de ses images, de ses affects, de ses sensations. Une attention particulière est portée sur les yeux: « des yeux tranquilles sous des paupières lourdes, si lourdes que, même si on le voulait, on ne les soulèverait pas ».
Et ces paupières lourdes, c’est «comme un épais rideau qu’on aurait tendu entre le monde extérieur et soi… de sorte que ce monde extérieur, il est là, présent, chaud, familier, et totalement inoffensif… comme si les bruits qui nous en parviennent avaient été filtrés, feutrés, avant de nous atteindre» . Impression de sécurité, d’immunité. C’est dire que nous sommes ici en situation d’isolement sensoriel, un peu comme à l’intérieur d’une bulle, l’attention distraite au monde extérieur pouvant toute entière être reportée sur les sensations internes, ce qui est le propre de la relaxation, mais aussi la condition la plus propice à une prise de conscience du schéma corporel, qui représente à la fois l’un des moteurs essentiels de la cure sophrologique et, en ce qui concerne Sylvie, mon premier objectif.
Le deuxième temps va accentuer cette impression de «lâcher prise» au travers d’un relâchement musculaire intéressant toute la zone supérieure du corps: visage, tête, nuque, épaules, zone appelée précisément « triangle de la vigilance », dans la mesure où elle est censée être le siège même de ses manifestations.
Mais, à ce stade, nous n’aurions guère dépassé les techniques de relaxation classiques si n’était intervenu, depuis le début, le « terpnos logos» du sophrologue. Ce terpnos logos, ou discours agréable, selon l’étymologie grecque, a été défini comme «un parler persuasif, d’une forme douce et monotone, la parole agréable qui tranquillise, donne du calme, de la sérénité, de la confiance ». Dans le cas qui nous occupe, et pour le moment, ce discours reste tout entier centré sur le schéma corporel, sur la découverte progressive de ce schéma, telle qu’elle est autorisée par cette parenthèse dans le temps et dans l’espace, pendant laquelle la patiente, se sentant à l’abri, déconnectée du monde et de ses propres pensées, peut investir son corps. C’est ainsi que nous parcourons ensemble, Sylvie et moi, les différents lieux du corps, évoquant successivement le front, les yeux, les points saillants du visage, la nuque, le cou, les épaules, la poitrine, le ventre, le bas du ventre, le dos, le bas du dos, les jambes…
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