26 février 2015 ~ 0 Commentaire

LE PRINCIPE DE LUCIFER 2

EXTRAIT DU LIVRE :

 

principe-de-luciferRené Spitz a montré que presque 90% des bébés élevés dans le confort en orphelinats mais privés d’amour et de câlins finissaient par mourir. Harry Harlow a prouvé que les bébés singes élevés sans mère ni camarades restaient dans leur cage à gémir et s’arrachaient la peau jusqu’au sang. Si on leur permettait de fréquenter les autres singes, ces êtres affaiblis étaient affectivement trop effrayés, trop stupides et trop perturbés pour nouer des contacts avec les autres. Robert Sapolsky, lui, découvrit que le sang des babouins sauvages incapables de monter dans la hiérarchie sociale de leur tribu, était envahi de poisons hormonaux qui tuaient leurs cellules cérébrales, faisaient tomber leurs poils, supprimaient au passage leurs défenses immunitaires et menaçaient même leur vie. L’homme et la femme sont apparemment semblables : d’autres études ont également montré que les patients dépressifs hospitalisés qui ont le plus besoin d’aide sont très souvent privés de l’attention du personnel médical. Une observation rigoureuse a révélé que les malades déclenchaient involontairement leur propre rejet : les patients déprimés gémissent, grognent ou tournent la tête vers le mur  , s’aliénant ainsi leurs médecins et leurs infirmières. Ils énervent le personnel soignant par tous les moyens possibles, de l’expression de leur visage à l’intonation de la voix, en passant par le langage corporel  .

Un défenseur de « la sélection individuelle » expliquerait que ce comportement destructeur doit être le résultat d’une réponse adaptative masquant un avantage caché : la mort du patient pourrait accélérer le succès génétique de ses proches parents en les soulageant d’un fardeau ; ou bien en les enrichissant grâce à l’assurance ou à l’héritage. Ou encore : en se tuant de manière subtile, les patients pourraient avantager des amis qui, un jour ou l’autre, renverraient l’ascenseur à leur famille. Mais les études constatent exactement l’inverse : les patients ayant le plus grand nombre de parents et d’amis sont ceux qui présentent le moins de risques d’être dépressifs ; ils sont joyeux plus souvent, et même face à la mort ils restent charmants et attirent à leur chevet une armée de médecins et d’infirmières débordant de compassion.

Pour les partisans de « la sélection individuelle », ils sont les mieux placés pour léguer leur dépouille à leurs enfants et petits-enfants qui portent les répliques de leurs gènes. Pourtant, ce sont eux qui risquent le moins de mourir et de faire connaître prématurément leurs dernières volontés. Les études sur les animaux et les humains démontrent que les déprimés qui flirtent involontairement avec la mort ne sont pas ceux attendus par les défenseurs de « la sélection individuelle », mais bien ceux dont la mort est peu susceptible de profiter aux parents, bien que portant des gènes semblables aux leurs  . Les liens familiaux de ces patients sont soit abîmés, soit inexistants  . Généralement, ils ne possèdent même pas d’amis. En fait, ils ont souvent l’impression de jamais avoir trouvé leur place dans ce monde  . Ces malheureux sont apparemment envahis par ce qui peut s’apparenter au mécanisme suicidaire appelé apoptose. L’apoptose est une bombe à retardement composée de tâches préprogrammées et qui se trouve dans chaque cellule vivante. Quand la cellule reçoit des signaux lui indiquant qu’elle n’est plus utile à la communauté, la bombe se déclenche  .

Entre des systèmes immunitaires suicidaires et un comportement allant dans le sens contraire de leur survie, les individus isolés accroissent largement leur risque de mourir  . Le profit pour leurs compagnons de gènes sera nul ou presque. Lorsqu’ils sont coincés par ce type de comportement, les partisans de « la sélection individuelle » affirment que nous observons là un instinct qui était utile du temps où nous vivions dans des tribus de chasseurs  , instinct qui, lorsque nous errions dans la savane africaine, augmentait réellement les chances de survie de nos gènes. Ces apologistes déclarent souvent que la civilisation moderne a perverti ce dont nous bénéficions à l’époque de la première hache de pierre .

Par exemple, des psychothérapeutes évolutionnistes ont avancé l’hypothèse selon laquelle l’agitation incontrôlable liée au trouble déficitaire de l’attention tombait à pic dans les plaines africaines : plus on bougeait dans ces régions, plus on avait de chance de tomber sur des proies. En revanche, maintenant que l’on oblige nos enfants à rester immobiles pour apprendre l’alphabet, on condamne ce besoin de bouger. Cet argument est intrigant, mais il a peu de chance de tenir dans les cas que nous évoquons. Lorsque l’on enlève des chimpanzés, des chiens, des souris de laboratoire ou d’autres espèces d’animaux au groupe qu’ils connaissent et qu’ils aiment , l’épuisement les submerge, leur système immunitaire régresse et ils finissent par dépérir  . Tout comme nous, ces créatures ont plus de risques de mourir lorsqu’on les prive de leurs liens sociaux que lorsque leur disparition est susceptible de profiter à des porteurs de gènes identiques. Pour ces animaux, le problème de passer de trop longues journées dans des salles de classe post-industrielles ne se pose pas ( surtout pour ceux dont la dépression a été observée dans une savane éthiopienne ) …

flèche à droiteJe vends ce livre ICI : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/14/le-principe-de-lucifer-2/

 

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