25 février 2015 ~ 0 Commentaire

NOUS LES DIEUX

EXTRAIT DU LIVRE : 

 

2943619977-1-3La cité des dieux resplendit devant mes yeux émerveillés. Comme un sillon clair, une large voie traverse la ville, bordée d’une haie de cyprès. J’avance dans l’avenue centrale d’Olympie. De part et d’autre, collines et vallées sont constellées d’édifices monumentaux probablement conçus par des titans. Des lacis de rivières se faufilent, enjambées par des ponts de bois, pour aller se mêler à des lacs recouverts de nénuphars mauves. Sur les pentes escarpées que je distingue au sud, de larges bassins en terrasses sont hérissés de bambous, de roseaux et de palmiers. On dirait qu’un architecte en état d’ivresse a dessiné la ville de son délire: une succession de dénivelés enfermés derrière de hautes murailles.

Une foule bigarrée circule dans les avenues, les rues, les ruelles. Des jeunes gens et des jeunes femmes portent comme moi une toge blanche; probablement des élèves dieux. Ils ne me prêtent aucune attention.

Une jeune femme en toge jaune promène un chien à trois têtes de teckel, sorte de minicerbère. Il y a aussi des centaures, des satyres, des chérubines. Je distingue des «mâles» et des «femelles». Papillons aux allures de garçons, et même centaures cachant leur poitrine proéminente sous leurs longs cheveux-crinière.

Je marche et découvre d’autres décors. Des marchés où les gens et les monstres discutent par signes, des petites maisons de pierre blanche au toit de tuiles rouges, et aux colonnades corinthiennes, des balustrades sculptées, des fontaines où des tritons de pierre font jaillir une eau aux reflets cuivrés.

L’air tiède embaume le pollen et le gazon fraîchement tondu. Il me semble distinguer des zones de culture de céréales qui côtoient des potagers. Quelques herbivores non chimériques – chèvres, moutons, vaches, semblables à ceux de la Terre – broutent, indifférents à ce paysage grandiose. De nouvelles villas apparaissent derrière des pins. Et toutes n’ont qu’un seul étage.

Au bout de l’avenue je débouche sur une vaste place circulaire creusée d’un bassin, au milieu duquel pousse, sur une petite île, un arbre séculaire.

De plus près, je comprends que cet arbre plein de majesté est un pommier. Ses fruits eux aussi ont la couleur de l’or. Serait-ce le pommier du Jardin d’Eden, l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal qui a entraîné la sortie du Paradis pour Adam et Eve? Son écorce est ridée par les millénaires, ses racines affleurant la terre de cette île particulière se contorsionnent pour contourner les rochers. Ses branches plongent dans le ciel et se répandent largement, dépassant le bassin qui entoure l’île et même le muret qui encercle le bassin. Son ombre couvre pratiquement toute la place centrale.

A nouveau me reviennent des extraits de l’Apocalypse de Jean. «Au milieu de la place de la ville était l’Arbre de vie… et les feuilles de l’Arbre étaient là pour guérir les nations.»
De la place centrale partent quatre larges avenues perpendiculaires. Des panneaux indicateurs précisent:
à l’est: CHAMPS-ELYSEES.
au nord: AMPHITHEATRE ET MEGARON.
à l’ouest: PLAGE.

Aucune pancarte n’indique ce qu’on trouve au sud. Un léger souffle d’air rafraîchit ma nuque. Je me retourne et aperçois, voletant silencieusement derrière moi, la chérubine aux cheveux roux et à l’air mutin.
- Que me veux-tu? Quel est ton nom?
La chimère éternue et je lui tends un bout de ma toge pour l’aider à se moucher.
- Bien. Puisque tu ne veux rien me dire, pour moi tu seras donc la… moucheronne. C’est en bûchant qu’on devient bûcheron, c’est en lisant qu’on devient liseron, c’est en se mouchant qu’on devient…

flèche à droiteJe vends ce livre ICI : http://bibliothequecder.unblog.fr/2014/09/27/nous-les-dieux/

 

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